La communion des saints

Le mot « communion » revêt plusieurs sens. Il concerne « ce qui est mis en commun » par exemple, les biens qui sont partagés entre les disciples et les apôtres (cf. Ac 2, 44), la communion de prière (Ac 1, 14), ou encore le fait de « communier » en prenant l’Eucharistie.

saints

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L’annonciation

Luc ne pouvait en aucun cas tout comme Matthieu avoir inventé les sources qui lui ont permis d’écrire ce récit. En effet la meilleure des sources qui soit est bien évidemment la Vierge Marie en personne. Les passages ou figure la Vierge Marie sont très rares dans la bible, mais ce n’est pas pour autant qu’il faille les ignorer bien au contraire. Nul doute que Marie était choisie de toute éternité pour devenir la Mère du Seigneur. D’ailleurs nous trouvons en Esaïe 7, 14  « C’est pourquoi le Seigneur lui–même vous donnera un signe, Voici, une Vierge deviendra enceinte, elle enfantera un fils, Et elle lui donnera le nom d’Emmanuel. » Verset bien connu puisqu’il prophétise la venu de Jésus mais encore celle de la vierge Marie ! Le fait qu’elle soit prophétisé dans ce passage tout comme dans de nombreux autres d’ailleurs (nous y reviendrons) est tout à fait significatif de son élection éternelle. L’annonciation  a fait couler beaucoup d’encre depuis deux mille ans, ce qui ne fait pas mentir le dernier verset de la bible (chronologiquement) Jean 21, 25  « Jésus a fait encore bien d’autres choses : si on les écrivait une à une, le monde entier ne pourrait, je pense, contenir les livres qu’on écrirait. » J’entends déjà dire : « Oui mais c’est de Jésus dont il est question dans ce verset ! » Et nous somme bien d’accord avec cela. Mais Jésus étant pleinement homme et pleinement Dieu (Colossiens 2, 9; 1 Jean 5, 20; Jean 1, 1-2. 14…) c’est en Marie que s’opère le Mystère de l’incarnation et du dépouillement (la kénose) du Fils de Dieu (Philippiens 2, 7; Hébreux 2, 7-9)qui s’abaisse pour se faire homme afin de racheter l’homme qui a voulu se faire Dieu. (Genèse 3, 5) C’est donc Marie qui va en son sein contenir ce que rien n’aurait pu contenir (1 Rois 8, 27).

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Exode 20, 3-4 et l’idolâtrie

Sans titre-1Exode 20, 3-4 Vous n’aurez point de dieux étrangers devant moi. Vous ne ferez point d’image taillée, ni aucune figure de tout ce qui est en haut dans le ciel, et en bas sur la terre, ni de tout ce qui est dans les eaux sous la terre.

Pour comprendre ce passage il est indispensable de le replacer dans son contexte « historique ». C’est à dire en ce qui concerne ce verset, ce qui précède. Dieu a utilisé les animaux que les égyptiens avaient déifiés et dont ils avaient fait des idoles mi-hommes mi-animaux. En touchant ces animaux lors des plaies d’Egypte Dieu veut faire savoir qu’Il est le Dieu créateur de toute chose et que les dieux égyptiens sont de faux dieux. « Vous n’aurez point de dieux étrangers devant moi » l’introduction est clair ! Il s’agit de dieux étrangers. Nous ne pouvons à ce stade de la bible parler des dieux cananéens ou babyloniens puisque les hébreux ne les connaissaient pas encore et qu’ils séjournaient depuis bien longtemps en Egypte. Donc ce commandement pour les hébreux était clair, il s’agit dans un premier temps de ne pas adorer les dieux égyptiens qu’ils connaissaient.

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Marie mère de Dieu

s_3.jpgIl y a bien des chemins qui nous montrent que Marie est bien la Mère de Dieu. Mais avant d’aller plus loin précisons que le concile d’Ephèse qui promulgua ce dogme précise bien que Marie n’est pas Mère de Dieu avant la naissance de Jésus Christ, elle n’est pas le Mère de Dieu le Père mais que puisque Jésus est Dieu (cf. Jean 1, 1; 1 Jean 5, 20 ci-dessous), Marie est donc pas voie de conséquence, Mère de Dieu, le Fils dans Son humanité, pleinement homme et pleinement Dieu.

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Marie, l’arche de l’apocalypse

https://i0.wp.com/img.over-blog.com/600x450/0/21/41/34/marie--reine-du-monde-4.jpgNous lisons en Apocalypse 11, 19; 12, 1-2. 5 :
19  Et le temple de Dieu dans le ciel s’ouvrit, et l’arche de l’alliance apparut dans son temple. Alors il y eut des
éclairs, des voix, des tonnerres, un tremblement de terre et une forte grêle.
Un grand signe apparut dans le
ciel: une femme, vêtue du soleil, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles.
Elle
était enceinte et criait dans le travail et les douleurs de l’enfantement.
Elle mit au monde un fils, un enfant
mâle; c’est lui qui doit mener paître toutes les nations avec une verge de fer. Et son enfant fut enlevé auprès de Dieu et de son trône.

L’unique médiation humaine du Christ

https://i0.wp.com/www.bibleetnombres.online.fr/images28/gloire.jpgComment comprendre ce verset de 1Tm 2, 5  « Car il n’y a qu’un seul Dieu, un seul médiateur aussi entre Dieu et les hommes, un homme : Christ Jésus«  au regard de l’intercession des Saints et de Marie ? Nous verrons que ce verset pousse bien plus loin qu’on ne le pense.

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La visitation à Elisabeth (Luc 1, 39-45)

1) Marie comme nouvelle Arche de l’Alliance

Le parallèle entre Marie et l’Arche de l’Alliance est une clé herméneutique importante :

a) Correspondances bibliques

  • Déplacement dans le pays de Juda
    Luc 1, 39 : Marie « partit en hâte » pour le haut pays de Juda.
    2 Samuel 6, 2 : David monte également en Juda pour amener l’Arche de Dieu.
    → Ces déplacements montrent une connexion symbolique : Marie, porteuse de Jésus, est assimilée à l’Arche, porteuse de la présence divine.
  • Accueil de la présence divine
    • Luc 1, 43 : Élisabeth s’écrie : « Comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? »
      2 Samuel 6, 9 : David s’exclame : « Comment l’Arche du Seigneur pourrait-elle venir chez moi ? »
      → Dans les deux récits, la venue de l’Arche/Marie est perçue comme une manifestation divine.
  • Joie dans la présence de Dieu
    Luc 1, 44 : « L’enfant a bondi d’allégresse en mon sein. »
    2 Samuel 6, 14 : David danse devant l’Arche avec une grande joie.
    → La joie est une réponse naturelle à la proximité de Dieu, que ce soit par l’Arche ou par Marie portant Jésus.

b) Le contenu de l’Arche et Marie

L’Arche contenait des éléments préfigurant le Christ :

  • La manne (symbole du Pain de vie, Jean 6, 48).
  • Les tables de la Loi (symbole de Jésus, Verbe fait chair, Jean 1, 1-14).
  • La verge d’Aaron qui avait fleuri (symbole de la résurrection, Jean 11, 25).
    Marie, en portant le Christ, accomplit ces figures prophétiques : elle contient en elle la pleine révélation de Dieu.

2) Lecture suivie : La théologie de Luc 1, 41-45

Verset 41 : La réaction à la salutation

« L’enfant bondit dans le sein d’Élisabeth et elle fut remplie du Saint-Esprit. »
→ La salutation de Marie agit comme un vecteur de grâce. Jean-Baptiste, encore dans le sein de sa mère, reconnaît par l’Esprit Saint la présence de Jésus. Cet événement anticipe son rôle de précurseur, comme prophétisé en Luc 1, 15.

Verset 42 : « Tu es bénie entre toutes les femmes »

Élisabeth, inspirée par l’Esprit Saint, élève Marie au-dessus de toutes les femmes. Ce parallèle rappelle Juges 5, 24, où Yaël est bénie pour son rôle dans le salut d’Israël. Mais Marie est davantage : elle porte en elle l’auteur du salut universel.

Verset 43 : Reconnaissance du Seigneur

« Comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? »
→ Le terme « Seigneur » confère à Jésus un titre divin dès l’instant de son incarnation. Cette reconnaissance est un acte de foi extraordinaire, d’autant plus que Jésus n’est pas encore né. Cela souligne que l’Esprit Saint révèle des vérités profondes au-delà de l’évidence visible.

Verset 44 : Joie messianique

Le bond de Jean-Baptiste symbolise l’exultation messianique. Ce mouvement intérieur préfigure son rôle : annoncer la venue du Messie et se réjouir en sa présence (cf. Jean 3, 29-30).

Verset 45 : La foi de Marie

Élisabeth proclame Marie « bienheureuse » pour sa foi en l’accomplissement des promesses divines. Cette foi contraste avec le doute de Zacharie (Luc 1, 18). Marie devient ainsi un modèle de foi libre et totale, s’alignant sur la foi d’Abraham (Genèse 15, 6).


3) Marie, première évangélisatrice

La Visitation peut être interprétée comme un acte d’évangélisation :

  • Annonce implicite de la bonne nouvelle
    La simple salutation de Marie transmet la présence de Dieu et le don de l’Esprit Saint.
  • Préfiguration de l’Église en mission
    Comme Marie se hâte pour partager la joie de l’Incarnation, l’Église est appelée à porter le Christ au monde.

4) Applications spirituelles et théologiques

a) La joie de la présence divine

Le texte souligne la joie débordante qui accompagne la rencontre avec Dieu, une joie qui se manifeste aussi bien chez Élisabeth, Jean-Baptiste, que dans l’histoire de David.

b) L’exemple de foi

Marie est le modèle d’une foi totale en Dieu, une foi qui rend possible l’accomplissement des promesses divines.

c) L’unité des alliances

La Visitation illustre l’accomplissement de l’Ancienne Alliance dans la Nouvelle. Jean-Baptiste, dernier prophète de l’ancienne ère, reconnaît Jésus, initiateur de la nouvelle ère.

Marie a-t-elle eu d’autres enfants avec joseph ?

  • 1. Joseph, père adoptif de Jésus : sa disparition dans les Évangiles

    Joseph, époux de Marie et père adoptif de Jésus, joue un rôle central dans les récits de l’enfance, mais disparaît des Évangiles avant le début du ministère public de Jésus.

    • Dernières mentions dans les Évangiles :
      • Matthieu 2, 19-23 : Joseph est actif dans le retour de la Sainte Famille d’Égypte et leur établissement à Nazareth.
      • Luc 2, 41-52 : Joseph est présent lorsque Jésus, à douze ans, dialogue avec les docteurs du Temple. Ce passage est la dernière mention explicite de Joseph.
    • Absence dans les récits ultérieurs : Les Évangiles ne le mentionnent plus après cet événement. Sa disparition laisse penser qu’il est décédé avant le début du ministère public de Jésus. C’est pourquoi, lors de la crucifixion (Jean 19, 26-27), Jésus confie sa mère à Jean, signe de l’absence d’un époux ou d’autres enfants pour en prendre soin.

    2. Les “frères” de Jésus : que signifie « adelphos » ?

    Le terme grec « adelphos » (ἀδελφός), souvent traduit par « frères », possède un champ sémantique large dans la Bible :

    1. Frères biologiques (enfants des mêmes parents).
    2. Parenté élargie (cousins, proches parents, membres de la même famille ou tribu).
    3. Compagnons de foi ou membres d’une communauté spirituelle.

    Dans les cultures sémitiques, l’usage du terme « frère » pour désigner des cousins ou autres relations familiales était courant, surtout en l’absence d’un mot distinct pour « cousin ». Ce contexte est important pour comprendre les mentions des « frères » de Jésus dans les Évangiles.

    • Exemples de textes mentionnant les frères de Jésus :
      • Matthieu 13, 55 : Jacques, Joseph, Simon et Jude sont nommés « frères » de Jésus.
      • Marc 6, 3 : Une liste similaire est donnée, incluant aussi des « sœurs » de Jésus.

    3. Les « frères » de Jésus identifiés : une analyse

    Des indices bibliques permettent de conclure que ces « frères » ne sont pas des enfants biologiques de Marie, mais des proches parents.

    a) Jacques et Joseph (ou José) : enfants de Marie, femme de Clopas
    • Jean 19, 25 : Marie, femme de Clopas, est appelée « sœur » de Marie, mère de Jésus. Dans le contexte, « sœur » désigne probablement une parente proche, comme une cousine.
    • Matthieu 27, 55-56 et Marc 15, 40 : Marie, mère de Jacques et Joseph, est présente à la crucifixion. Il est peu probable que cette Marie soit la mère de Jésus, car elle n’est jamais désignée ainsi ailleurs.
    b) Jude et Simon : d’autres cousins ou proches parents
    • Jude est identifié comme le « fils de Jacques » (Luc 6, 16 ; Actes 1, 13). Il s’agit probablement de Jacques, fils d’Alphée, et non de Jacques, frère de Jean.
    • Simon reste moins clairement identifié, mais rien n’indique qu’il soit un fils de Marie.
    c) Objection à l’idée que ces “frères” soient enfants de Marie
    1. Les Évangiles ne mentionnent jamais d’autres enfants de Marie.
      Lors de la crucifixion, Jésus confie sa mère à Jean, et non à un frère biologique, ce qui aurait été la norme si Marie avait eu d’autres enfants.
    2. Marie est toujours appelée « la mère de Jésus ».
      Les Évangiles distinguent Marie, mère de Jésus, de Marie, mère de Jacques et Joseph.

    4. Marie, « toujours vierge » : tradition et théologie

    La foi chrétienne traditionnelle enseigne que Marie est demeurée vierge avant, pendant et après la naissance de Jésus. Cette croyance repose sur des arguments scripturaires et patristiques.

    • Arguments bibliques :
      • Matthieu 1, 25 : « [Joseph] ne la connut point jusqu’à ce qu’elle ait enfanté un fils. »
        Le terme « jusqu’à » n’implique pas nécessairement qu’une relation ait eu lieu après ; il souligne plutôt la virginité de Marie jusqu’à la naissance de Jésus.
      • Jean 19, 26-27 : Jésus confie Marie à Jean, suggérant l’absence d’autres enfants pour prendre soin d’elle.
    • Arguments des réformateurs protestants :
      Même des figures comme Luther, Calvin et Zwingli, souvent en désaccord avec l’Église catholique, ont soutenu la croyance en la virginité perpétuelle de Marie, reconnaissant son rôle unique dans le plan du salut.

    5. Joseph et le rôle de la Sainte Famille

    Joseph, bien qu’il disparaisse tôt, joue un rôle essentiel dans les récits évangéliques :

    1. Modèle de foi et d’obéissance :
      Joseph accepte la mission divine malgré les doutes initiaux (Matthieu 1, 18-25) et protège la Sainte Famille lors de la fuite en Égypte.
    2. Père adoptif de Jésus :
      Par son lien légal avec Joseph, Jésus est intégré dans la lignée davidique, accomplissant ainsi les prophéties messianiques.
    3. Discrétion et humilité :
      Joseph agit dans le silence, à l’image de nombreuses figures bibliques appelées à un service caché mais essentiel.

    Conclusion

    Joseph disparaît des Évangiles après avoir accompli son rôle de protecteur et d’éducateur de Jésus dans son enfance. Les « frères » de Jésus mentionnés dans les textes sont très probablement des cousins ou des proches parents, et non des enfants biologiques de Marie. La tradition biblique et chrétienne affirme ainsi la virginité perpétuelle de Marie, une doctrine confirmée par les Écritures et soutenue même par les premiers réformateurs. Cette réflexion sur Joseph, Marie et les frères de Jésus nous invite à contempler le mystère de l’incarnation dans le cadre familial choisi par Dieu.

 Les réformateurs protestants eux même défendent Marie, la « toujours vierge » :

Luther : « C’est un article de foi que Marie est Mère du Seigneur et toujours vierge…Christ, nous croyons, est venu d’un sein laissé parfaitement intact »

Calvin : « Certains ont voulu suggérer de ce passage [Matthieu 1, 25] que la Vierge Marie a eu d’autres enfants que le Fils de Dieu, et que Joseph a demeuré alors avec elle plus tard, mais quelle folie que celle-ci ! Car l’auteur de l’évangile n’a pas voulu rapporter ce qui s’est passé ensuite, il a simplement voulu mettre en lumière l’obéissance de Joseph et montrer que Joseph a été bel et bien assuré que c’était Dieu qui avait envoyé son ange à Marie. Il n’a pas, par conséquent, vécu avec elle, ni partagé sa compagnie… Et d’ailleurs ce Notre Seigneur Jésus Christ est appelé le premier né. Ce n’est pas parce qu’il y a eu un second ou un troisième, mais parce que l’auteur de l’évangile fait référence à la proéminence. L’Ecriture nous parle ainsi en nommant le premier né, qu’il y ait ou non question d’un second »

(Sermon sur Matthieu 1, 22-25, publié en 1562).

Zwingli : « Je crois fermement que Marie, selon les paroles de l’évangile, comme un pure Vierge a donné naissance pour nous au Fils de Dieu et dans l’accouchement et après l’accouchement est demeurée pour toujours une pure et intacte Vierge »