L’annonciation

Luc ne pouvait en aucun cas tout comme Matthieu avoir inventé les sources qui lui ont permis d’écrire ce récit. En effet la meilleure des sources qui soit est bien évidemment la Vierge Marie en personne. Les passages ou figure la Vierge Marie sont très rares dans la bible, mais ce n’est pas pour autant qu’il faille les ignorer bien au contraire. Nul doute que Marie était choisie de toute éternité pour devenir la Mère du Seigneur. D’ailleurs nous trouvons en Esaïe 7, 14  « C’est pourquoi le Seigneur lui–même vous donnera un signe, Voici, une Vierge deviendra enceinte, elle enfantera un fils, Et elle lui donnera le nom d’Emmanuel. » Verset bien connu puisqu’il prophétise la venu de Jésus mais encore celle de la vierge Marie ! Le fait qu’elle soit prophétisé dans ce passage tout comme dans de nombreux autres d’ailleurs (nous y reviendrons) est tout à fait significatif de son élection éternelle. L’annonciation  a fait couler beaucoup d’encre depuis deux mille ans, ce qui ne fait pas mentir le dernier verset de la bible (chronologiquement) Jean 21, 25  « Jésus a fait encore bien d’autres choses : si on les écrivait une à une, le monde entier ne pourrait, je pense, contenir les livres qu’on écrirait. » J’entends déjà dire : « Oui mais c’est de Jésus dont il est question dans ce verset ! » Et nous somme bien d’accord avec cela. Mais Jésus étant pleinement homme et pleinement Dieu (Colossiens 2, 9; 1 Jean 5, 20; Jean 1, 1-2. 14…) c’est en Marie que s’opère le Mystère de l’incarnation et du dépouillement (la kénose) du Fils de Dieu (Philippiens 2, 7; Hébreux 2, 7-9)qui s’abaisse pour se faire homme afin de racheter l’homme qui a voulu se faire Dieu. (Genèse 3, 5) C’est donc Marie qui va en son sein contenir ce que rien n’aurait pu contenir (1 Rois 8, 27).

Luc 1, 26-38 : « L’annonciation ».

26  Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée du nom de Nazareth,

27  à une jeune fille accordée en mariage à un homme nommé Joseph, de la famille de David ; cette jeune fille s’appelait Marie.
28  L’ange entra auprès d’elle et lui dit : « Réjouis–toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. »
29  A ces mots, elle fut très troublée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
30  L’ange lui dit : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
31  Voici que tu vas être enceinte, tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus.
32  Il sera grand et sera appelé Fils du Très–Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;
33  il régnera pour toujours sur la famille de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »
34  Marie dit à l’ange : « Comment cela se fera–t–il puisque je n’ai pas de relations conjugales ? »
35  L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très–Haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi celui qui va
naître sera saint et sera appelé Fils de Dieu.
36  Et voici que Elisabeth, ta parente, est elle aussi enceinte d’un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, elle qu’on
appelait la stérile,
37  car rien n’est impossible à Dieu. »
38  Marie dit alors : « Je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu me l’as dit ! » Et l’ange la quitta.

Loin d’être aussi simple qu’il n’y parait, ce passage renferme des bibliothèques qui lui ont été consacrées. Au verset 26 nous voyons que l’ange est envoyé au sixième mois. Qu’il s’agisse du sixième mois n’est pas un hasard, cela renvoi au sixième jours de la création dans un premier temps pour nous signifier une nouvelle création. Voyons genèse 1, 26-27 qui parle de la création de l’homme au sixième jour : Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toute la terre et toutes les petites bêtes qui remuent sur la terre ! » Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa. Nous savons que la parfaite image de Dieu fait homme, c’est Jésus ! Mais ce qui interpelle c’est le : « Mâle et femelle il les créa » Luc veut attirer notre attention sur le fait que Jésus nouvel Adam (1 Corinthiens 15, 45) devait avoir Lui aussi une « aide qui Lui corresponde »(Genèse 2, 18) et cette aide c’est Marie Eve nouvelle. Mais nous reviendrons
sur ce point une autre fois.

Nous entrons maintenant dans le verset 28 qui à fait de nombreuses polémiques entre « Tu as trouvé grâce » et « Comblée de grâce ». Le terme grec précis est : « Kekharitôménè » unique terme de ce type dans la bible grec. Le terme « trouver grâce aux yeux de Dieu » (Heuriskokharin) dont la portée est nettement moins forte n’est présent qu’une seule fois dans l’ancien testament (Septante), et cela concerne Noé en Genèse 6, 8 « Noé cependant trouva grâce devant le Seigneur Dieu. » Partout ailleurs nous avons le mot « Karis » pour désigner la grâce que le Seigneur accorde et qui n’est autre qu’une faveur de la part de Dieu (Genèse 18, 3; 30, 27 etc..). Le fait que Noé trouva cette grâce spéciale aux yeux de Dieu constitue un final spécial du récit de la création, en vu du plan de salut que Dieu a mit en place (cf. cliquez : la prophétie de Noé) L’esprit Saint veut nous montrer, à travers Noé patriarche survivant du déluge, qu’un jour c’est l’humanité toute entière qui trouvera grâce aux yeux de Dieu (cf. Joel 3, 1-5; Actes 2, 17-21). Or la suprématie de la grâce et toute sa plénitude est donnée à Marie. Grâces venues biensur par Jésus Christ notre Seigneur (cf. Jean 1, 17) et par le mystère de l’incarnation en Marie (cf. Jean 1, 14) Marie comblée de Dieu (Jésus Christ) et comblée de grâces à n’en pas manquer.

« A la splendeure de la vérité, il faut un tabernacle digne d’elle. Marie est « bénie entre toute les femmes », car seule, en effet, elle est justement
appelée « pleine de grâces » ayant seule obtenue cette grâce, que nul autre n’avait reçue, d’être remplie de l’auteur de la grâce. »

(Saint Ambroise de Milan IVème siècle)
Le verset 29 à ceci d’étrange, Marie ne tombe pas face contre terre comme le firent Lot (Genèse 19, 1), Manoach et sa femme lors d’une annonciation figurative de celle de Marie (cf. Juges 13, 20) et de nombreux prophètes de l’ancien testament, mais aussi Jean en Apocalypse 22, 8. Non Marie elle ne se prosterne pas, comme pour montrer la douceur de cet instant, Marie ne fait que s’interroger consciente de sa petitesse et de la grandeur de Dieu. Marie est libre à ce moment là, elle est complètement libre car Dieu en envoyant son ange ne voulait pas qu’elle soit oppressée par Sa présence directe.Le verset 35 nous montre que dans le silence de Dieu, la grande révélation est en tout premier lieu donnée à Marie, la révélation Trinitaire de Dieu. Le Fils est en Marie et Marie est dans l’esprit Saint sous le regard du Père. Révélation Trinitaire accomplie et figurée par l’annonciation faite à Abraham en Genèse 18 (Cliquez ce lien). Marie reçoit cette révélation dans le secret de son cœur et n’en dit rien à Joseph ! Pleinement confiante en Dieu.

C’est alors que le miracle de Dieu qui accorde à Marie le choix de participer au plan du Salut s’opère et Marie pleine de grâce, Marie source des grâces, qu’elle à trouvé au yeux de Dieu, dit son fiat dans une totale liberté.

« Je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu me l’as dit ! »
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