Pour entrevoir ce mystère il convient dans un premier temps de se pencher sur les correspondances entre Abraham père des croyants et Marie. Vous trouverez ici un court commentaire qui nous introduit dans cette lecture.
La visitation à Elisabeth (Luc 1, 39-45)
1) Marie comme nouvelle Arche de l’Alliance
Le parallèle entre Marie et l’Arche de l’Alliance est une clé herméneutique importante :
a) Correspondances bibliques
- Déplacement dans le pays de Juda
Luc 1, 39 : Marie « partit en hâte » pour le haut pays de Juda.
2 Samuel 6, 2 : David monte également en Juda pour amener l’Arche de Dieu.
→ Ces déplacements montrent une connexion symbolique : Marie, porteuse de Jésus, est assimilée à l’Arche, porteuse de la présence divine. - Accueil de la présence divine
- Luc 1, 43 : Élisabeth s’écrie : « Comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? »
2 Samuel 6, 9 : David s’exclame : « Comment l’Arche du Seigneur pourrait-elle venir chez moi ? »
→ Dans les deux récits, la venue de l’Arche/Marie est perçue comme une manifestation divine.
- Luc 1, 43 : Élisabeth s’écrie : « Comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? »
- Joie dans la présence de Dieu
Luc 1, 44 : « L’enfant a bondi d’allégresse en mon sein. »
2 Samuel 6, 14 : David danse devant l’Arche avec une grande joie.
→ La joie est une réponse naturelle à la proximité de Dieu, que ce soit par l’Arche ou par Marie portant Jésus.
b) Le contenu de l’Arche et Marie
L’Arche contenait des éléments préfigurant le Christ :
- La manne (symbole du Pain de vie, Jean 6, 48).
- Les tables de la Loi (symbole de Jésus, Verbe fait chair, Jean 1, 1-14).
- La verge d’Aaron qui avait fleuri (symbole de la résurrection, Jean 11, 25).
Marie, en portant le Christ, accomplit ces figures prophétiques : elle contient en elle la pleine révélation de Dieu.
2) Lecture suivie : La théologie de Luc 1, 41-45
Verset 41 : La réaction à la salutation
« L’enfant bondit dans le sein d’Élisabeth et elle fut remplie du Saint-Esprit. »
→ La salutation de Marie agit comme un vecteur de grâce. Jean-Baptiste, encore dans le sein de sa mère, reconnaît par l’Esprit Saint la présence de Jésus. Cet événement anticipe son rôle de précurseur, comme prophétisé en Luc 1, 15.
Verset 42 : « Tu es bénie entre toutes les femmes »
Élisabeth, inspirée par l’Esprit Saint, élève Marie au-dessus de toutes les femmes. Ce parallèle rappelle Juges 5, 24, où Yaël est bénie pour son rôle dans le salut d’Israël. Mais Marie est davantage : elle porte en elle l’auteur du salut universel.
Verset 43 : Reconnaissance du Seigneur
« Comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? »
→ Le terme « Seigneur » confère à Jésus un titre divin dès l’instant de son incarnation. Cette reconnaissance est un acte de foi extraordinaire, d’autant plus que Jésus n’est pas encore né. Cela souligne que l’Esprit Saint révèle des vérités profondes au-delà de l’évidence visible.
Verset 44 : Joie messianique
Le bond de Jean-Baptiste symbolise l’exultation messianique. Ce mouvement intérieur préfigure son rôle : annoncer la venue du Messie et se réjouir en sa présence (cf. Jean 3, 29-30).
Verset 45 : La foi de Marie
Élisabeth proclame Marie « bienheureuse » pour sa foi en l’accomplissement des promesses divines. Cette foi contraste avec le doute de Zacharie (Luc 1, 18). Marie devient ainsi un modèle de foi libre et totale, s’alignant sur la foi d’Abraham (Genèse 15, 6).
3) Marie, première évangélisatrice
La Visitation peut être interprétée comme un acte d’évangélisation :
- Annonce implicite de la bonne nouvelle
La simple salutation de Marie transmet la présence de Dieu et le don de l’Esprit Saint. - Préfiguration de l’Église en mission
Comme Marie se hâte pour partager la joie de l’Incarnation, l’Église est appelée à porter le Christ au monde.
4) Applications spirituelles et théologiques
a) La joie de la présence divine
Le texte souligne la joie débordante qui accompagne la rencontre avec Dieu, une joie qui se manifeste aussi bien chez Élisabeth, Jean-Baptiste, que dans l’histoire de David.
b) L’exemple de foi
Marie est le modèle d’une foi totale en Dieu, une foi qui rend possible l’accomplissement des promesses divines.
c) L’unité des alliances
La Visitation illustre l’accomplissement de l’Ancienne Alliance dans la Nouvelle. Jean-Baptiste, dernier prophète de l’ancienne ère, reconnaît Jésus, initiateur de la nouvelle ère.
Réponse ouverte d’un catholique à un évangélique.
Une autre différence majeure entre les Catholiques et les “Chrétiens bibliques” est en rapport avec leur compréhension de la manière dont nous pouvons nous approcher de Dieu. Les Catholiques ont tendance à s’approcher de Dieu à travers des intermédiaires, tels que Marie ou les saints. Les Chrétiens eux s’approchent de Dieu directement, n’adressant leurs prières à personne d’autre qu’à Dieu Lui-même.
Réponse : Certes les différences entre catholiques et évangéliques sont nombreuses et nous essaierons de répondre ici même à ces objections. Pour ce qui concerne Marie qui est notre très sainte Mère, la Mère de tous les croyants (Rm 8, 29; Jn 19, 27) sur laquelle s’est posé le regard de Dieu (Lc 1, 48) Et comme « le Seigneur a les yeux sur les justes et tend l’oreille à leur prière » (1Pi 3, 12) nous pouvons donc compter sur Marie pour son intercession. Mais poursuivons la démonstration. Parce que Dieu a assumé la chair de l’homme en Marie il se devait d’assumer Marie au ciel, c’est ce que les catholiques appellent l’assomption. Jésus né sous la Loi, honorait Sa Mère (Ga 4, 4) Loi qui le stipule bien (Ex 20, 12). Mais Dieu est allé plus loin encore. En la personne de Jésus il s’est soumis à Ses parents alors qu’Il n’était qu’un enfant (Lc 5, 51). L’amour inconditionnel de Jésus pour Sa Mère le conduit à assumer la nature humaine de Sa Mère au ciel (Ap 12, 1-2. 5). Pour ce qui est des Saints les choses sont plus claires encore. Jésus priant son Père Lui soumet une volonté, « Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m’as donnés soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent la gloire que tu m’as donnée, car tu m’as aimé dès avant la fondation du monde.« (Jn 17, 24) Il n’est désormais plus question d’être séparé de l’amour du Christ, pas même dans la mort (Rm 8, 38-39; Mt 28, 20) Nous pouvons le rejoindre au ciel une fois le cours de notre vie terminé (2Co 5, 6-9; Php 1, 23-24) où les Saints ont une vie et s’expriment (Ap 6, 9-10; 7, 9-17) et prient le Seigneur (Ap 5, 8; 8, 3; Lc 16, 19-30).
Il y a donc bien intersession des Saints et de Marie.
La Bible proclame que nous pouvons nous-mêmes nous approcher du trône de grâce de Dieu avec assurance (Hébreux 4:16). La Bible atteste clairement que Dieu désire que nous Le priions, que nous communiquions avec Lui, que nous Lui soumettions nos besoins (Philippiens 4:6 ; Matthieu 7:7-8 ; 1 Jean 5:14-15). Nous n’avons pas besoin de médiateurs ou d’intermédiaires, car Christ est notre seul et unique médiateur (1 Timothée 2:5), et Christ et le Saint Esprit intercèdent déjà tous deux pour nous (Romains 8:26-27 ; Hébreux 7:25). Cher ami Catholique, Dieu vous aime intimement et a prévu une porte ouverte pour une communication directe à travers Jésus.
Oui la bible déclare que nous pouvons nous approcher de ce trône, mais ce trône est présent dans le tabernacle des églises de l’Eglise catholique. Pour ce qui est de la médiation du Christ, elle doit être comprise dans son contexte et éclairé de 1P 2, 5 « Vous-mêmes, comme pierres vivantes, prêtez-vous à l’édification d’un édifice spirituel, pour un sacerdoce saint, en vue d’offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ ». St Pierre dit que les chrétiens ont part à l’unique et éternel sacerdoce de Jésus Christ. Jésus est médiateur entre Dieu et l’homme en raison de son sacerdoce. Par conséquent, partager le sacerdoce du Christ signifie partager sa médiation, à la fois au ciel et sur la terre. De plus 1 Tim 2, 5confirme que nous partageons la médiation du Christ, lorsque nous le lisons en contexte. Aux versets 1-4, St Paul demande aux chrétiens de participer à la médiation unique du Christ en offrant des prières et des intercessions pour tous les hommes :
« Je recommande donc, avant tout, qu’on fasse des demandes, des prières, des supplications, des actions de grâces pour tous les hommes,( …) Voilà ce qui est bon et ce qui plaît à Dieu notre Sauveur ».
Les chrétiens qui intercèdent sur la terre les uns pour les autres dans la prière, ne contredisent pas l’unique médiation de Jésus Christ. De même, le fait que les saints du ciel intercèdent pour nous, ne contredit pas 1 Tim 2, 5. Car toute prière, sur terre comme au ciel, est en Christ et à travers lui, notre unique médiateur et grand prêtre. Le principe est le suivant : bien que Dieu seul possède toutes les perfections, nous pouvons participer aux perfections de Dieu en partageant sa vie divine. Par exemple, la Bible dit que Dieu seul est bon (Mc 10, 18). Cependant nous pouvons avoir part à cette Bonté infinie : « «C’est bien, serviteur bon et fidèle».Jésus partage nombre de ses attributs avec les chrétiens. Jésus est le Créateur de toute chose (Jn 1, 3 ; Col 1, 16-17) et cependant il partage ce rôle avec l’homme et la femme dans la procréation. Jésus est le seul Berger (Jn 10, 11-16), cependant il délègue ce rôle à St Pierre (Jn 21, 15-16) et plus tard à d’autres (Eph 4, 11). Jésus est l’éternel Grand Prêtre qui par son sacrifice, est le médiateur pour notre rédemption (Heb 3, 1 ; 7, 24 ; 9, 12 ; 10, 12), et cependant les chrétiens sont appelés à se joindre au sacerdoce du Christ (1 P 2, 5 ; Ap 1, 6 ; 5, 10).Évidemment, Jésus est l’unique Créateur, Berger et Prêtre, mais tout chrétien participe d’une manière subordonnée à ces rôles. En participant à la vie divine du Christ, les chrétiens partagent aussi à sa médiation. (Source)
La différence la plus cruciale entre les Catholiques et les “Chrétiens bibliques” est en rapport avec la question du salut. Les Catholiques considèrent le salut presque entièrement comme un processus, tandis que les Chrétiens le considèrent comme étant à la fois un état achevé et un processus. Les Catholiques se voient comme “en cours d’être sauvés,” tandis que les Chrétiens se voient comme “ayant été sauvés.” 1 Corinthiens 1:2 nous dit, “… à ceux qui ont été sanctifiés en Jésus-Christ, appelés à être saints …” Les termes “sanctifié” et “saint” sont tirés de la même racine grecque. Ce verset déclare que les Chrétiens sont à la fois sanctifiés et appelés à être sanctifiés. La Bible présente le salut comme un don qu’une personne reçoit dès qu’elle place sa foi en Jésus-Christ comme Sauveur (Jean 3:16). Lorsqu’une personne reçoit Christ comme Sauveur, elle est justifiée (déclarée juste – Romains 5:9), rachetée (sauvée de l’esclavage du péché – 1 Pierre 1:18), réconciliée (obtient la paix avec Dieu – Romains 5:1), sanctifiée (mise à part pour Dieu – 1 Corinthiens 6:11), et née de nouveau comme une nouvelle créature (1 Pierre 1:23 ; 2 Corinthiens 5:17). Chacune de ces choses constitue un fait accompli, entièrement reçu au moment du salut. Les Chrétiens sont alors appelés à vivre, de manière pratique (appelés à être saints), une chose qui est déjà vrai sur le plan positionnel (sanctifiés).
Tout d’abord les catholiques ne sont pas si « non bibliques » que l’on voudrait bien nous le faire croire. C’est justement ce que nous nous appliquons à démontrer ici même. Le salut est effectivement un processus qui commence par la justification par la foi et le baptême. La justification n’est qu’une sanctification provisoire. Celle-ci est opérée par la grâce sanctifiante moyennant la foi justifiante. Ce qui suit la justification par la foi, c’est la persévérance qui elle même nous sanctifie. Abraham par exemple dû sa justice non seulement à la foi mais aussi aux œuvres, les deux étant « coopérantes » (Jc 2; 22). Jc 2, 24 : « Vous le voyez : c’est par les oeuvres que l’homme est justifié et non par la foi seule« . Paul ne dément pas cela : « Ce ne sont pas en effet ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu ; ceux-là seront justifiés qui la mettent en pratique. » (Rm 2, 13) Où encore : « travaillez à votre salut avec crainte et tremblement. » (Php 2, 12) Pourquoi servir « avec crainte et tremblement « si nous sommes sauvés malgré tout ? De plus il est bien aussi question de « travailler pour son salut » ! Ce qui dénote justement un « processus » ; » appliquez-vous d’autant plus à affermir votre vocation et votre élection ; car, en faisant cela, vous ne broncherez jamais. » (2 Pi 1,10). Mais loin d’être les seuls passages nous avons : 1Ti 2, 9; 5, 10. 24-25; 6, 18; 2Co 9, 8; Col 1, 10; Eph 2, 10; Ti 2, 7. 14; 3, 8. 14 dont nous ne prendrons qu’un verset pour éclairer ce point :
De plus que les nôtres aussi apprennent à se porter aux bonnes œuvres, de manière à subvenir aux besoins urgents, afin qu’ils ne soient pas sans fruits. (Tite 3, 14) Il est ici question « de ne pas rester sans fruit ». Ce qui nous conduit évidemment à la parabole de la vigne (Jn 15, 1-17) où les sarments qui ne portent pas de fruits sont Jeté au feu (Jn 15, 6) de même que dans la parabole des talents (Mt 25, 14-30) qui se termine ainsi Mt 25, 30 « Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres du dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents. » ou encore : « A qui on aura donné beaucoup il sera beaucoup demandé, et à qui on aura confié beaucoup on réclamera davantage. » (Lc 12, 48b). Tout ceci n’est qu’une liste non exhaustive que nous cessons ici tant il est déjà clairement établi que les œuvres ont leur importance dans la doctrine du salut. Néanmoins il ne serait pas convenable de terminer ici sans donner quelques clés qui permettent d’aller plus avant concernant non plus la foi qui est « l‘amorce du salut » mais la charité. Car : « la foi est agissante par la charité ». (Ga 5, 6) « Quand j’aurais même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien ». (1Co 13, 2) Comme le souligne bien Jacques dans son épître (cf. Jc 2, 14-26).
Nous voyons donc bien que la foi seule ne suffit pas. Mais ce point sera développé plus avant encore plus bas.
Selon les Catholiques, le salut s’obtient par la foi, mais il doit être par la suite “conservé” par les bonnes œuvres et la participation aux Sacrements. Les Chrétiens bibliques ne nient pas l’importance des bonnes œuvres ou le fait que Christ nous appelle à observer les ordonnances en Sa mémoire et par obéissance à Lui. La différence est que les Chrétiens considèrent ces choses comme le résultat du salut et non comme une condition du salut ou un moyen d’obtention de celui-ci. Le salut est un travail accompli, acquis par le sacrifice expiatoire de Jésus-Christ (1 Jean 2:2). Dieu nous offre le salut et l’assurance du salut car le sacrifice de Jésus est entièrement, complètement et parfaitement suffisant. Lorsque nous recevons le don précieux du salut offert par Dieu, nous pouvons savoir que nous sommes sauvés. 1 Jean 5:13 déclare, “Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu.”
SI nous sommes sauvés par la foi, ce que nul catholique ne conteste il n’en demeure pas moins que c’est sur les œuvres que nous sommes jugés et que nous obtenons une récompense (1Co 3, 13-15; 4, 5; 1 Co 15, 10. 58 ; Tite 1, 15–16; Tite 3, 8 ; Heb.5, 9–10 ; 10, 24; Mt.5, 29 ; 16, 27 ;24, 45-47; 25, 31. 41–46 ; Lc 14, 13–14 ; Rm 2, 5–12 ; Heb 5, 9 ; 1 P 1, 17 ; Ap 20, 11–15 ; 22,12..) (Voir ci-dessus)
Jc 2, 13 Car le jugement est sans miséricorde pour qui n’a pas fait miséricorde. La miséricorde triomphe du jugement.
Nous pouvons savoir que nous avons la vie éternelle et avoir l’assurance de notre salut à cause de l’importance du sacrifice de Christ. Ce sacrifice n’a pas besoin d’être offert ou présenté à nouveau. Selon Hébreux 7:27, “Il s’est sacrifié pour leurs péchés une fois pour toutes en s’offrant Lui-même.” Hébreux 10:10 déclare que “… nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes.” 1 Pierre 3:18 proclame, “Christ aussi a souffert une fois pour les péchés, lui juste pour des injustes, afin de nous amener à Dieu …” Le sacrifice unique de Christ a été absolument parfait et suffisant. Jésus a déclaré à la croix, “Tout est accompli” (Jean 19:30). Le sacrifice expiatoire de Jésus a payé intégralement la dette de tous nos péchés (1 Jean 2:2). Par conséquent, tous nos péchés sont pardonnés et nous avons la promesse d’une vie éternelle dans les Cieux au moment où nous recevons le don que Dieu nous fait – le salut par Jésus-Christ (Jean 3:16).
Nous pouvons effectivement lire que le sacrifice de Jésus s’est opéré « une fois pour toutes en s’offrant Lui-même. » Néanmoins le livre de Daniel nous précise ceci : Da 11, 31 « Des troupes se présenteront sur son ordre ; elles profaneront le sanctuaire, la forteresse, elles feront cesser le sacrifice perpétuel, et dresseront l’abomination du dévastateur. » De quel sacrifice peut-il bien être question ici ? Il est bien évidement impossible de supprimer le sacrifice du Christ, personne n’en a le pouvoir. Le Christ Lui même reprendra ce passage afin de nous le rappeler : Mt 24, 15 « C’est pourquoi, lorsque vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, établie en lieu saint, -que celui qui lit fasse attention ! » Et Paul le rappellera en cette même lettre aux hébreux 11, 28 « Par la foi, il a célébré la Pâque et fait l’aspersion du sang afin que le Destructeur ne touchât point aux premiers-nés d’Israël. »
Nous ne pouvons qu’en conclure que le Sacrifice du Christ se perpétue et nous sanctifie puisque la coupe du Sang de la nouvelle alliance (Heb 12, 24; 9, 15; 8, 6; 1Ti 2, 5) est donné en rémission des péchés. Voici ce passage clé qui nous montre bien qu’il n’est pas seulement question « d’un mémorial » mais de bien plus que cela :
Mt 26, 26-28 : « Or, tandis qu’ils mangeaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna aux disciples en disant : « Prenez, mangez, ceci est mon corps. » Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna en disant : « Buvez-en tous ; car ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés. » (Lc 22, 15-20; Mc 14, 22-25; 1Co 11, 23-26)
Qui révèle un discours bien connu des apôtres et qui se trouve en Jn 6, 22-59 dont nous ne tirerons ici qu’un seul verset pour illustrer l’institution eucharistique : Jn 6, 51 « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde. »
Cher ami Catholique, désirez-vous ce “si grand salut” (Hébreux 2:6) ? Si oui, tout ce que vous avez à faire, c’est de le recevoir (Jean 1:12), par la foi (Romains 5:1). Dieu nous aime et nous fait don du salut (Jean 3:16). Si nous recevons Sa grâce par la foi, nous avons le salut pour l’éternité (Ephésiens 2:8-9). Une fois sauvé, rien ne peut nous séparer de Son amour (Romains 8:38-39). Rien ne peut nous ravir de Sa main (Jean 10:28-29). Si vous désirez ce salut, si vous désirez que tous vos péchés soient pardonnés, si vous désirez avoir l’assurance du salut, si vous désirez avoir directement accès au Dieu qui vous aime – recevez-le et il est à vous. Voici le salut pour lequel Jésus est mort et que Dieu offre gratuitement.
Le salut peut se perdre et c’est justement pour cela qu’il lui faut travailler « avec crainte et tremblement « (Php 2, 12). Les passages qui nous parlent d’une perte de salut sont très nombreux mais retenons en deux ici :
« Si, après s’être arrachés aux influences corruptrices du monde par la connaissance qu’ils ont eue de notre Seigneur Jésus-Christ, ils se laissent de nouveau prendre et dominer par elles, leur dernière condition et pire que la première. Il aurait mieux valu pour eux ne pas connaître le chemin qui mène à une vie juste plutôt que de s’en détourner après l’avoir connu et d’abandonner le saint commandement qui leur avait été transmis, ils confirment la vérité de ces proverbes : « Le chien retourne à ce qu’il a vomi », et « la truie à peine lavée se vautre de nouveau dans la boue « (2 Pi 2.20-22).
« En effet, ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté au don du ciel, qui ont eu part au Saint-Esprit, qui ont expérimenté combien la Parole de Dieu est bienfaisante et fait l’expérience des forces du monde à venir et qui, pourtant, se sont détournés de la foi, ne peuvent être amenés de nouveau à changer de vie, car ils crucifient le Fils de Dieu, pour leur propre compte, et le déshonorent publiquement. En effet, lorsqu’une terre arrosée par des pluies fréquentes produit des plantes utiles à ceux pour qui on la cultive, Dieu la bénit. Mais si elle ne produit que des buissons d’épines et des chardons, elle ne vaut rien, elle ne tardera pas à être maudite et on finira par y mettre le feu » (Heb 6, 4-8).
Mais nous aurions pu citer aussi : Mt 7, 19; Jn 15, 2. 6; Mt 5, 13. 22; Lc 11, 24-26; Rm 8, 13; 11, 22; 1Co 15, 2; 8, 11; Ga 6, 7-9; Heb 10, 26-29. 39; 12, 16-17.
En 1 Ti Paul parle de certains qui « se sont écartés (de la bonne conscience) au point que leur foi a fait naufrage » (1Ti 1, 19), et il donne comme exemple Hyménée et Alexandre qu’il a » livrés à Satan » (v. 20). « L’Esprit déclare clairement que, dans les derniers temps, plusieurs se détourneront de la foi » (1 Ti 4, 1). « Certains, pour s’y être abandonnés (à l’amour de l’argent), se sont égarés bien loin de la foi et se sont infligés beaucoup de tourments » (1 Ti 6, 10). 2 Ti 2, 17-18 parle d’Hyménée et de Phylète qui « sont en train de détourner plusieurs de la foi« . Jacques parle de ceux qui « se sont égarés loin de la vérité » (Jc 5, 19). Celui qui ramène l’un de ces égarés « le sauvera de la mort » (Jc 5, 19-20).
Nous terminerons par Ephésiens 2, 8-9 que vous citez en omettant le verset 10 qui nous dit :
| « Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions.« |
Les premiers chrétiens nous parlent de l’eucharistie

Saint Ignace d’Antioche – 70
Aux smyrniotes :
6, 2 Considérez ceux qui ont une autre opinion sur la grâce de Jésus-Christ qui est venue sur nous : comme ils sont opposés à la pensée de Dieu ! (..) 7, 1. Ils s’abstiennent de l’eucharistie et de la prière, parce qu’ils ne confessent pas que l’eucharistie est la chair de notre Sauveur Jésus-Christ, « chair » qui a souffert pour nos péchés, et que dans sa bonté le Père a ressuscitée. Ainsi ceux qui refusent le don de Dieu meurent dans leurs disputes. Il leur serait utile de pratiquer la charité pour ressusciter eux aussi.
8, 1. Suivez tous l’évêque, comme Jésus-Christ suit son Père, et le presbyterium comme les Apôtres ; quant aux diacres, respectez-les comme la loi de Dieu. Que personne ne fasse, en dehors de l’évêque, rien de ce qui regarde l’Église. Que cette eucharistie seule soit regardée comme légitime, qui se fait sous la présidence de l’évêque ou de celui qu’il en aura chargé. 2. Là où paraît l’évêque, que là soit la communauté, de même que là où est le Christ Jésus, là est l’Église catholique. Il n’est pas permis en dehors de l’évêque ni de baptiser, ni de faire l’agape, mais tout ce qu’il approuve, cela est agréable à Dieu aussi Ainsi tout ce qui se fait sera sûr et légitime.
Aux Philadelphiens :
IV. Ayez donc soin de ne participer qu’à une seule eucharistie ; car il n’y a qu’une seule chair de notre Seigneur Jésus-Christ, et un seul calice pour nous unir en son sang, un seul autel, comme un seul évêque avec le presbyterium et les diacres, mes compagnons de service : ainsi, tout ce que vous ferez, vous le ferez selon Dieu.
La didaché 70
Rédaction contemporaine des évangiles. (Oeuvre complète)
IX, 1-4. – Quant à l’eucharistie, faites ainsi vos actions de grâce. D’abord pour la coupe : 2. – » Nous Te rendons grâce, notre Père, pour la sainte vigne de David Ton serviteur que Tu nous a fait connaître par Jésus Ton Enfant. A Toi la gloire pour les siècles. » 3. – Pour la fraction du pain : » Nous Te rendons grâces, notre Père, pour la vie et la connaissance que Tu nous a révélés par Jésus Ton Enfant. A Toi la gloire pour les siècles. 4. – De même que ce pain rompu était dispersé sur les collines et que, rassemblé, il est devenu un (seul tout), qu’ainsi soit rassemblée ton Eglise des extrémités de la terre dans Ton Royaume. Car à Toi sont la gloire et la puissance par Jésus-Christ pour les siècles. » 5. – Que personne ne mange ni ne boive de votre eucharistie sinon ceux qui ont été baptisés au nom du Seigneur; car c’est à ce sujet que le Seigneur a dit : Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens.
Saint Justin Martyr – 151

66. Nous appelons cet aliment Eucharistie, et personne ne peut y prendre part, s’il ne croit la vérité de notre doctrine, s’il n’a reçu l’ablution pour la rémission de ses péchés et sa régénération, et s’il ne vit selon les enseignements du Christ. Car nous ne prenons pas cet aliment comme un pain ordinaire et une boisson commune. Mais de même que, par la parole de Dieu, Jésus-Christ, notre Sauveur, ayant été fait chair, a pris sang et chair pour notre salut; de même aussi cet aliment, qui par l’assimilation doit nourrir nos chairs et notre sang, est devenu, par la vertu de l’action de grâces, contenant les paroles de Jésus-Christ lui-même, le propre sang et la propre chair de Jésus incarné: telle est notre foi. Les apôtres, dans leurs écrits, que l’on nomme Evangiles, nous ont appris que Jésus-Christ leur avait recommandé d’en agir de la sorte, lorsque ayant pris du pain, il dit: « Faites ceci en mémoire de moi: ceci est mon corps; » et semblablement ayant pris le calice, et ayant rendu grâces: « Ceci est mon sang, « ajouta-t-il; et il le leur distribua à eux seuls. Les démons n’ont pas manqué d’imiter cette institution dans les mystères de Mithra; car on apporte à l’initié du pain et du vin, sur lesquels on prononce certaines paroles que vous savez, ou que vous êtes à même de savoir. 151A.D. (Apologie 66)
Saint Irénée de Lyon – 189
..Au surplus, comment auront-ils la certitude que le pain eucharistié est le corps de leur Seigneur, et la coupe, son sang, s’ils ne disent pas qu’il est le Fils de l’Auteur du monde, c’est-à-dire son Verbe, par qui le bois « fructifie », les sources coulent, « la terre donne d’abord une herbe, puis un épi, puis du blé plein l’épi Mc 4,27-28 »? 5 Comment encore peuvent-ils dire que la chair s’en va à la corruption et n’a point part à la vie, alors qu’elle est nourrie du corps du Seigneur et de son sang? Qu’ils changent donc leur façon de penser, ou qu’ils s’abstiennent d’offrir ce que nous venons de dire ! Pour nous, notre façon de penser s’accorde avec l’eucharistie, et l’eucharistie en retour confirme notre façon de penser. Car nous lui offrons ce qui est sien, proclamant d’une façon harmonieuse la communion et l’union de la chair et de l’Esprit: car de même que le pain qui vient de la terre, après avoir reçu l’invocation de Dieu, n’est plus du pain ordinaire, mais eucharistie, constituée de deux choses, l’une terrestre et l’autre céleste, de même nos corps qui participent à l’eucharistie ne sont plus corruptibles, puisqu’ils ont l’espérance de la résurrection… (Irénée,Contre les Hérésies Liv.4, 18, 4)
Comment, si le Seigneur était issu d’un autre Père, pouvait-il sans injustice déclarer que le pain appartenant à notre création était son corps et affirmer que le mélange de la coupe était son sang Mt 26,26-28? Pourquoi se déclarait-il Fils de l’homme, s’il n’avait pas subi la naissance humaine? Comment pouvait-il nous remettre des péchés qui faisaient de nous les débiteurs de notre Créateur et Dieu? Et, s’il n’était pas chair, mais n’avait que l’apparence d’un homme, comment put-il être crucifié, comment du sang et de l’eau purent-ils sortir de son côté transpercé Jn 19,34? Quel était le corps qu’embaumèrent les embaumeurs, et quel était celui qui ressuscita d’entre les morts (Irénée,Contre les Hérésies 4, 33)
Vains, de toute manière, ceux qui rejettent toute l' »économie » de Dieu, nient le salut de la chair, méprisent sa régénération, en déclarant qu’elle n’est pas capable de recevoir l’incorruptibilité. S’il n’y a pas de salut pour la chair, alors le Seigneur ne nous a pas non plus rachetés par son sang Ep 1, 7, la coupe de l’eucharistie n’est pas une communion à son sang et le pain que nous rompons n’est pas une communion à son corps 1Co 10, 16. Car le sang ne peut jaillir que de veines, de chairs et de tout le reste de la substance humaine, et c’est pour être vraiment devenu tout cela que le Verbe de Dieu nous a rachetés par son sang, comme le dit son Apôtre: « En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés Ep 1,7. » Et parce que nous sommes ses membres 1Co 6,15; Ep 5,30 et sommes nourris par le moyen de la création – création que lui-même nous procure, en faisant lever son soleil et tomber la pluie selon sa volonté Mt 5,45, la coupe, tirée de la création, il l’a déclarée son propre sang Lc 22,20; 1Co 11,25, par lequel se fortifie notre sang, et le pain, tiré de la création, il l’a proclamé son propre corps Lc 22,19; 1Co 11,24, par lequel se fortifient nos corps. (Irénée,Contre les Hérésies 5, 2, 2)
Si donc la coupe qui a été mélangée et le pain qui a été confectionné reçoivent la parole de Dieu et deviennent l’eucharistie, c’est-à-dire le sang et le corps du Christ, et si par ceux-ci se fortifie et s’affermit la substance de notre chair, comment ces gens peuvent-ils prétendre que la chair est incapable de recevoir le don de Dieu consistant dans la vie éternelle Jn 4,10-14 alors qu’elle est nourrie du sang et du corps du Christ et qu’elle est membre de celui-ci, comme le dit le bienheureux Apôtre dans son épître aux Éphésiens: « Nous sommes les membres de son corps, formés de sa chair et de ses os Ep 5,30 »?(..) ensuite, moyennant le savoir-faire, ils viennent en l’usage des hommes, puis, en recevant la parole de Dieu, ils deviennent l’eucharistie, c’est-à-dire le corps et le sang du Christ -, de même nos corps qui sont nourris par cette eucharistie, après avoir été couchés dans la terre et s’y être dissous, ressusciteront en leur temps, lorsque le Verbe de Dieu les gratifiera de la résurrection « pour la gloire de Dieu le Père Ph 2,11 « : car il procurera l’immortalité à ce qui est mortel et gratifiera d’incorruptibilité ce qui est corruptible 1Co 15, 53, parce que la puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse 2Co 12, 9. (Irénée,Contre les Hérésies Liv.5, 2, 3)
Clément d’Alexandrie
Mange ma chair, [Jésus], et boit mon sang. Le Seigneur nous donne ces intime nutriments, il livre sa chair et il verse son sang, et rien ne manque à la croissance de ses enfants « (L’instructeur des enfants 1:6:43:3 [AD 191]).
Tertullien
Certes, il suffirait à la chair que nulle âme ne pût absolument obtenir le salut à moins de croire, pendant qu’elle est dans la chair: tant il est vrai que la chair est la base du salut. Enfin, quand l’âme est enrôlée au service de Dieu, c’est la chair qui la met à même de recevoir cet honneur. C’est la chair en effet qui est lavée pour que l’âme soit purifiée; la chair sur laquelle on fait les onctions pour que l’âme soit consacrée; la chair qui est marquée du signe sacré pour que l’âme soit fortifiée; la chair qui est couverte par l’imposition des mains pour que l’âme soit illuminée par l’esprit; la chair enfin qui se nourrit du corps et du sang de Jésus-Christ, pour que l’âme s’engraisse de la substance de son Dieu. Elles ne peuvent donc être séparées dans la récompense, puisqu’elles sont associées dans le travail. (La Résurrection des Morts 8 [A.D. 210]).
Origène
Autrefois le baptême était “ en énigme ” dans la nuée et la mer ; maintenant la régénération s’opère “ en réalité ” “ dans l’eau et dans l’Esprit Saint ”. Autrefois la manne était une nourriture “ en énigme ”, maintenant la chair du verbe de Dieu est la vraie nourriture “ en réalité ”, comme le prouve Sa parole : “ Ma chair est vraiment une nourriture et Mon sang est vraiment un breuvage ”. (Jn 6, 56) « (Homélies sur Nombres 7, 2 [A.D. 248]).
D’où vient la Tradition catholique ?
Que de controverses sur cela… il n’est pas rare que l’on assène aux catholiques : « Vous annulez ainsi la parole de Dieu au profit de votre tradition.« (Mt 15, 6b) Mais analysons un peu ce verset et ce qu’il veut dire en réalité. Lisons ce qui dit Jésus plus haut afin de saisir le contexte :
Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au profit de votre tradition ? Car Dieu a dit : Honore ton père et ta mère ; et : Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort. Mais vous, vous dites : Celui qui dira à son père ou à sa mère : Ce dont j’aurais pu t’assister est une offrande à Dieu, n’est pas tenu d’honorer son père ou sa mère. Vous annulez ainsi la parole de Dieu au profit de votre tradition.(Mt 15, 3-6)
En nous focalisant sur la tradition dont parle Jésus nous perdons de vue le message essentiel qu’Il veut nous faire passer. Il nous montre une contradiction entre un passage de la tradition hébraïque et un commandement de Dieu. La tradition encourageait de favoriser les offrandes à Dieu au détriment du secours et de l’aide que nous sommes sensé apporter à nos parents. C’est bien évidement une hypocrisie manifeste que de croire qu’un tel comportement puisse satisfaire à Dieu. C’est donc avec cette lecture qu’il nous faut voir ce verset.
Ces choses étant clarifiées passons à la suite. La Tradition orale existe bien et nous pouvons bien évidement la trouver dans la bible. Pour commencer observons le mot tradition de Mt 15, 6 que nous venons de voir. Le mot en question dans le grec est « paradosis » παραδοσις qu’il est possible de traduire par : « tradition » ça nous le savons mais aussi « instructions ». Ce mot est traduit dans la bible Louis Second par :
Instruction : 1Co 11, 2; 2Th 2, 15; 3, ,6
Tradition : Mt 15, 2. 3. 6; Mc 7, 3. 5. 8. 9. 13; Ga 1, 14 et Col 2, 8
Il est donc désigné invariablement (dans le grec) lorsqu’il défini la tradition juive et la Tradition (ou les instructions) chrétienne. Et c’est là que le problème d’interprétation des traducteurs tels que ceux de la bible LSG porte à confusion. Le même mot « Paradosis » que nous voyons en Mt 15, 6 est aussi cité en :
1 Co 11, 2 : « Je vous félicite de ce qu’en toutes choses vous vous souvenez de moi et gardez les traditions comme je vous les ai transmises. »
2 Thess 2, 15 : « Dès lors, frères, tenez bon, gardez fermement les traditions que vous avez apprises de nous, de vive voix ou par lettre. »
2 Thess 3, 6 : « Or nous vous prescrivons, frères, au nom du Seigneur Jésus Christ, de vous tenir à distance de tout frère qui mène une vie désordonnée et ne se conforme pas à la tradition que vous avez reçue de nous. »
Et comme par hasard la LSG traduit ici invariablement « instruction ». C’est ce que l’on appel une orientation de la traduction du texte qui prend ses sources dans une interprétation personnelle. Mais passons cela.
1Co 11, 2 nous parle de tradition transmise et c’est bien ce qui est propre à la Tradition d’être transmise ! Puisque Paul transmet, c’est qu’il a reçu d’un autre comme il le dit lui même (cf. 1Co 15, 3) Paul pas plus que Jésus (nous verrons cela par la suite) ne transmet rien de lui même ! De plus Paul nous dit également ceci :
1Co 11, 23-26 Car j’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné ; c’est que le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain, et, après avoir rendu grâces, le rompit, et dit : Ceci est mon corps, qui est rompu pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. De même, après avoir soupé, il prit la coupe, et dit : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ; faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boirez. Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.
L’exposé n’étant pas autour de l’eucharistie, restons concentré sur le sujet qui nous occupe. Que veut dire Paul lorsqu’il dit : « J »ai reçu du Seigneur » ? (v.26) Paul n’était pas présent lors de l’institution eucharistique avant que Jésus ne fût livré. Comment donc l’a-t-il reçu du Seigneur ? Il est facile de le savoir, les apôtres lui en ont parlé et il y a cru. Paul n’avait pas les évangiles pour s’y référer à cette époque et il est clair que c’est oralement qu’il a été instruit sur ce sujet. Paul a donc écouté les apôtres et bien évidement il a cru. Paul a reçu des apôtres comme du Seigneur. Remontons alors cette chaîne de la Tradition pour voir jusqu’où elle va !
Jésus à dit à ses apôtres :
Lu 10, 16 « Celui qui vous écoute m’écoute, et celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette celui qui m’a envoyé. »
Donc Paul à écouté les apôtres qui ont écouté Jésus, ne pas écouter Jésus c’est rejeter celui qui l’a envoyé. Il est aussi question « d’accueillir » dans cette même formulation en (Mt 10, 40) Mais aussi en :
Jn 13, 20 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui reçoit celui que j’aurai envoyé me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé.
Et oui ! La Tradition apostolique remonte non pas à Jésus ! Mais à Dieu le Père, car Jésus n’a jamais rien dit de Lui même (cf. Jn 8, 44 ; 7, 17…) et Jésus à transmit ce qu’il à reçu de Dieu le Père, aux apôtres (Jn 17, 8. 22) Nous disant que par leur Parole (LOGOS en Grec) certains croiront (cf. Jn 17, 20). Ce qui dénote une transmission qui provient, par Jésus Christ de Dieu le Père ! Paul en accueillant et en écoutant les paroles des apôtres à cru et en croyant il « né d’en haut » c’est à dire de Dieu le Père. Voici ce qu’est la Tradition apostolique.
Comment la Tradition apostolique à annulé l’écriture ?
Au tout début de l’Église tout les chrétiens étaient juifs. Jésus était Juif, les apôtres étaient juifs etc… C’est lorsque Paul revient de son premier voyage qu’une question va se poser et susciter le premier concile, celui de Jérusalem. Nous sommes dans le livre des Actes au chapitre 15. Il est question de : « Quelques hommes, venus de la Judée, enseignaient les frères, en disant: Si vous n’êtes circoncis selon le rite de Moïse, vous ne pouvez être sauvés. » (Ac 15, 1) Qui fait jaillir un conflit opposant Paul et Barnabas à ces gens là nous dit le verset 2. C’est à partir du verset 15 que nous avons l’ouverture du concile. Mais que dit l’écriture au sujet de la circoncision ? Elle dit que l’Alliance de la circoncision est « une alliance à perpétuité » (Gn 17, 7; Ps 105, 10). Elle dit que les patriarches Moïse et les Prophètes sont circoncis. Elle dit que la circoncision est enjointe, non seulement aux descendants d’Abraham, mais à chaque mâle étranger qui veut se joindre au Peuple de l’Alliance (Ex 12, 48; Gn 17, 12; Eze 44, 9).
Pause !
Pas d’exception. Plus encore, en faisant un tour de table nous constatons que les Apôtres et les anciens sont tous circoncis et que le Seigneur Jésus qu’ils annoncent était circoncis (Lc 2, 21). Et Jésus lui-même dit que pas un iota, pas un point de la loi ne passera jamais (Mt 5, 18) tandis qu’il est silencieux comme une pierre sur l’exemption des gentils de l’immémoriale nécessité de la circoncision pour tous ceux qui veulent se joindre au Peuple de Dieu.
Ainsi, le Concile se réunit, et à la lumière de tous ces enseignements scripturaires évidents, déclare …
….que la circoncision des gentils est contre la volonté de Dieu qui ne change pas.
Soudainement, toute l’histoire devient incroyablement catholique, n’est-ce pas ? Alors la Tradition Apostolique changea-t-elle l’Écriture ou pas ?
Tu es Pierre et sur cette Pierre. La primauté.
Matthieu 16, 18 :
Il est impossible de contourner Matthieu 16, 18-19 si l’on veut parler de la primauté de Pierre. Les interprétations de ce passage qui sont pourtant très clairs ont fait l’objet d’exégèse asses poussée chez les protestants pour démontrer que la légitimité de cette primauté serait usurpée. Mais nous allons voir qu’en réalité il n’en est absolument rien.
v.16 : Prenant la parole, Simon–Pierre répondit : «Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.»
Pierre, dont le nom à l’origine est Simon est renommé par Jésus. Or nous savons que lorsque Dieu renomme quelqu’un c’est pour lui attribuer un rôle bien spécifique. Par exemple Abram « Père d’élévation » devient Abraham « Père des nations » (cf. Genèse 17, 5) Jacob « Celui qui supplante » devient Israël « Dieu prévaut » ou « Lutteur avec Dieu » etc..
Ainsi Simon dont le nom en araméen signifie «grain de sable» devient Pierre «Roc» Qui correspond parfaitement aux parole du Seigneur en Matthieu 7, 24-27 :
« Ainsi tout homme qui entend les paroles que je viens de dire et les met en pratique peut être comparé à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé ; ils se sont précipités contre cette maison et elle ne s’est pas écroulée, car ses fondations étaient sur le roc. Et tout homme qui entend les paroles que je viens de dire et ne les met pas en pratique peut être comparé à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé ; ils sont venus battre cette maison, elle s’est écroulée, et grande fut sa ruine. »
Comme nous le voyons il est préférable de construire sa maison sur le Roc comme le dit Jésus.
v.17 : Reprenant alors la parole, Jésus lui déclara : « Heureux es–tu, Simon fils de Jonas, car ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.
Nous voyons dans ce verset que Jésus l’appelle Simon alors qu’Il l’avait renommé en Jean 1, 42 ! Jésus ne l’appelle pas Simon par hasard ici et de plus il ajoute « fils de Jonas », or Jonas signifie colombe en hébreu et nous savons que la colombe représente le Saint esprit (cf. Luc 3, 22). Jésus veut par là même nous signifier que Simon (grain de sable) est à ce moment même « né de Dieu » (cf. Jean 1, 12-13) et Jésus poursuit dans ce sens avec «car ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. »
v.18a : Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise,
« Et moi je déclare » nous avons là un déclaration solennelle au Nom de Jésus qui est Dieu. Pierre est introduit dans le mystère de la Trinité (v. 17 Jonas : Colombe, Père, et v. 18 Jésus déclarant : Verbe de Dieu) Pierre investit de cette révélation reçoit la charge de l’Eglise tout comme Marie en son temps reçut de la même façon la charge d’être la Mère de Dieu (cf. Luc 1, 35). Il est à noter au passage que Jésus à dit cette phrase en araméen et non en grec. Ce qui se dit donc de la sorte : « Tu es Roc (Képhas) et sur ce Roc « (Képhas) je bâtirai mon église. »
v.18b : et la Puissance de la mort n’aura pas de force contre elle.
Matthieu 16, 19 :
Je te donnerai les clés du Royaume des cieux ; tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aux cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aux cieux.
15 Ainsi a parlé le Seigneur DIEU, le tout–puissant : Va trouver ce gouverneur, Shevna, le maître du palais :16 Que possèdes–tu ici ? Quels parents y as–tu pour te creuser ici un sépulcre, creuser ton tombeau en hauteur, te tailler une demeure dans le roc ?17 Eh bien, le SEIGNEUR va te secouer, beau sire, il va t’empaqueter,18 t’envoyer rouler comme une boule vers un pays aux vastes étendues. C’est là–bas que tu mourras, là–bas avec les chars qui font ta gloire et le déshonneur de la maison de ton maître.19 Je vais te chasser de ton poste, te déloger de ta position.20 Et ce jour–là, je ferai appel à mon serviteur, Elyaqim, fils de Hilqiyahou,21 je le revêtirai de ta tunique, j’assurerai son maintien avec ta ceinture, je remettrai ton pouvoir entre ses mains. Il sera un père pour les habitants deJérusalem et pour la maison de Juda.22 Je mettrai la clé de la maison de David sur son épaule, il ouvrira et nul ne fermera, il fermera et nul n’ouvrira.
Ce passage est cité contre Shevna le maitre du palais qui n’est autre que l’intendant de ce palais comme nous le voyons au verset 15. Ce verset ayant pour auteur la Parole de Dieu, à savoir Jésus ne laisse pas de doute quant à ce qui suit. L’intendant ou le gouverneur selon les traductions, est celui qui garde le palais en l’absence du roi. Joseph par exemple était l’intendant de Pharaon (cf. Genèse 43, 19; 44, 4) Nous trouvons Shevna en 2Rois 18, 18. 37; 19, 2 et d’autres intendants par ailleurs dans la bible en 1 Rois 4, 6; 16, 9; 18, 3; 2Rois 10, 5. 16 comme ayant autorité sur la maison.Le verset 16 est très clairement repris et reformulé par Jésus, nous y voyons clairement le sépulcre qui correspond au séjour des morts, et la demeure sur le roc qui est l’église bâtie sur Pierre fort de sa confession. Passons les versets 17-19 pour nous arrêter sur le verset 20 qui nous intéresse plus. L’appellation « mon serviteur » de la part de Dieu est une appellation d’honneur réservé au meilleur de ses fidèles comme Abraham (Genèse 26, 4), Moïse (Nombres 12, 7; Josué 1, 2 etc…), David (2Samuel 3, 18; 7, 5 etc..) Esaïe (Esaïe 20, 3). « Elyaqim » qui signifie « que Dieu suscite » tout comme il à suscité Pierre (cf. Jean 1, 42; 21, 15. 16. 17). Elyaquim apparait comme maître du palais en Esaïe 36, 3. 11. 22; 37, 2; 2 Rois 18, 18-26 etc.. Plus aucun doute quant à l’éclairage incontournable que Jésus nous donne dans le verset à l’étude ici (cf. Matthieu 16, 18-19).Le verset 20 nous montre le caractère sacerdotale de cette fonction représenté par les vêtements qui sont portés (cf. Exode 28, 4. 39-40; 29, 9 etc..) Il sera un « Père » l’évêque de Rome est appelé « Pape » ce qui signifie « Père » et l’église est de nos jours le prolongement du royaume de David qui fut donné à Jésus par Dieu (cf. Luc 1, 32) et ce royaume ne manquera jamais d’un roi ou d’un intendant sur son trône comme Dieu l’a promit en Jérémie 33, 17 :
Ainsi parle le SEIGNEUR : Il ne manquera jamais aux Davidides un homme installé sur le trône de la communauté d’Israël.
Mais aussi en : 2 Samuel 7, 13; 1Chroniques 17, 12. 14; 22, 10; Psaumes 89, 3-41.Les clés sont ici remise au chef du palais comme Jésus les remettra à Pierre qui agira comme nous disons « in personna Christi » car le Christ détient lui aussi les clés de la maison de David (cf. Apocalypse 3, 7) et du Séjour des morts (cf. Apocalypse 1, 18). L’espit Saint promis pour toujours aux apôtres et en l’occurence à Pierre garanti la connaissance de la volonté de Dieu aux successeurs de Pierre (cf. Jean 14, 16. 26; 15, 26; 16, 7-13).Pierre devient par les clés qui lui sont remise le portier de l’Eglise comme Jésus le précise en Marc 13, 34 :
C’est comme un homme qui part en voyage : il a laissé sa maison, confié à ses serviteurs l’autorité, à chacun sa tâche, et il a donné au portier l’ordre de veiller.
A La mort de St Pierre il fallait bien que quelqu’un puisse veiller ! Et comme Matthias prit la place de Judas (cf. Actes 1, 20) Lin succedera à Pierre sur le siège épiscopale de Rome et de l’Eglise.
Irénée de Lyon nous en donne quelques dizaines d’années plus tard ce témoignage :Contre les Hérésies III, 3, 2-3:
2 Mais comme il serait trop long, dans un ouvrage tel que celui-ci, d’énumérer les successions de toutes les Églises, nous prendrons seulement l’une d’entre elles, l’Église très grande, très ancienne et connue de tous, que les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul fondèrent et établirent à Rome; en montrant que la Tradition qu’elle tient des apôtres et la foi qu’elle annonce aux hommes Rm 1,8 sont parvenues jusqu’à nous par des successions d’évêques, nous confondrons tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, ou par infatuation, ou par vaine gloire, ou par aveuglement et erreur doctrinale, constituent des groupements illégitimes: car avec cette Église, en raison de son origine plus excellente, doit nécessairement s’accorder toute Église, c’est-à-dire les fidèles de partout, – elle en qui toujours, au bénéfice de ces gens de partout, a été conservée la Tradition qui vient des apôtres.
3 Donc, après avoir fondé et édifié l’Église, les bienheureux apôtres remirent à Lin la charge de l’épiscopat; c’est de ce Lin que Paul fait mention dans les épîtres àTimothée 2Tm 4,21. Anaclet lui succède. Après lui, en troisième lieu à partir des apôtres, l’épiscopat échoit à Clément. Il avait vu les apôtres eux-mêmes et avait été en relations avec eux: leur prédication résonnait encore à ses oreilles et leur Tradition était encore devant ses yeux. Il n’était d’ailleurs pas le seul, car il restait encore à cette époque beaucoup de gens qui avaient été instruits par les apôtres. Sous ce Clément, donc, un grave dissentiment se produisit chez les frères deCorinthe; l’Église de Rome adressa alors aux Corinthiens une très importante lettre pour les réconcilier dans la paix, renouveler leur foi et leur annoncer la Tradition qu’elle avait naguère reçue des apôtres, à savoir: un seul Dieu tout-puissant, Créateur du ciel et de la terreGn l,1, qui a modelé l’homme Gn 3,7, fait venir le déluge Gn 6,17, appelé Abraham Gn 12,1, fait sortir son peuple de la terre d’Égypte Ex 3,10, conversé avec Moïse Ex 3,4, donné la Loi Ex 20-31, envoyé les prophètes Is 6,8; Jr 1,7; Ez 2,3, préparé un feu pour le diable et ses anges Mt 25,41. Que ce Dieu-là même soit annoncé par les Églises comme étant le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, tous ceux qui le veulent peuvent l’apprendre par cet écrit, tout comme ils peuvent connaître par lui la Tradition apostolique de l’Église, puisque cette lettre est plus ancienne que les actuels fauteurs d’erreur qui imaginent faussement un autre Dieu au-dessus du Créateur et, del’Auteur de tout ce qui existe. A ce Clément succède Evariste; à Évariste, Alexandre; puis, lc sixième à partir des apôtres, Xyste est établi; après lui, Télesphore, qui rendit glorieusement témoignage; ensuite Hygin; ensuite Pie; après lui, Anicet; Soter ayant succédé à Anicet, c’est maintenant Éleuthère qui, en douzième lieu à partir des apôtres, détient la fonction de l’épiscopat. Voilà par quelle, suite et quelle succession la Tradition se trouvant dans l’Église à partir des apôtres et la prédication de la vérité sont parvenues jusqu’à nous. Et c’est là une preuve très complète qu’elle est une et identique à elle-même, cette foi vivifiante qui, dans l’Église, depuis les apôtres jusqu’à maintenant, s’est conservée et transmise dans la vérité.
Marie a-t-elle eu d’autres enfants avec joseph ?
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1. Joseph, père adoptif de Jésus : sa disparition dans les Évangiles
Joseph, époux de Marie et père adoptif de Jésus, joue un rôle central dans les récits de l’enfance, mais disparaît des Évangiles avant le début du ministère public de Jésus.
- Dernières mentions dans les Évangiles :
- Matthieu 2, 19-23 : Joseph est actif dans le retour de la Sainte Famille d’Égypte et leur établissement à Nazareth.
- Luc 2, 41-52 : Joseph est présent lorsque Jésus, à douze ans, dialogue avec les docteurs du Temple. Ce passage est la dernière mention explicite de Joseph.
- Absence dans les récits ultérieurs : Les Évangiles ne le mentionnent plus après cet événement. Sa disparition laisse penser qu’il est décédé avant le début du ministère public de Jésus. C’est pourquoi, lors de la crucifixion (Jean 19, 26-27), Jésus confie sa mère à Jean, signe de l’absence d’un époux ou d’autres enfants pour en prendre soin.
2. Les “frères” de Jésus : que signifie « adelphos » ?
Le terme grec « adelphos » (ἀδελφός), souvent traduit par « frères », possède un champ sémantique large dans la Bible :
- Frères biologiques (enfants des mêmes parents).
- Parenté élargie (cousins, proches parents, membres de la même famille ou tribu).
- Compagnons de foi ou membres d’une communauté spirituelle.
Dans les cultures sémitiques, l’usage du terme « frère » pour désigner des cousins ou autres relations familiales était courant, surtout en l’absence d’un mot distinct pour « cousin ». Ce contexte est important pour comprendre les mentions des « frères » de Jésus dans les Évangiles.
- Exemples de textes mentionnant les frères de Jésus :
- Matthieu 13, 55 : Jacques, Joseph, Simon et Jude sont nommés « frères » de Jésus.
- Marc 6, 3 : Une liste similaire est donnée, incluant aussi des « sœurs » de Jésus.
3. Les « frères » de Jésus identifiés : une analyse
Des indices bibliques permettent de conclure que ces « frères » ne sont pas des enfants biologiques de Marie, mais des proches parents.
a) Jacques et Joseph (ou José) : enfants de Marie, femme de Clopas
- Jean 19, 25 : Marie, femme de Clopas, est appelée « sœur » de Marie, mère de Jésus. Dans le contexte, « sœur » désigne probablement une parente proche, comme une cousine.
- Matthieu 27, 55-56 et Marc 15, 40 : Marie, mère de Jacques et Joseph, est présente à la crucifixion. Il est peu probable que cette Marie soit la mère de Jésus, car elle n’est jamais désignée ainsi ailleurs.
b) Jude et Simon : d’autres cousins ou proches parents
- Jude est identifié comme le « fils de Jacques » (Luc 6, 16 ; Actes 1, 13). Il s’agit probablement de Jacques, fils d’Alphée, et non de Jacques, frère de Jean.
- Simon reste moins clairement identifié, mais rien n’indique qu’il soit un fils de Marie.
c) Objection à l’idée que ces “frères” soient enfants de Marie
- Les Évangiles ne mentionnent jamais d’autres enfants de Marie.
Lors de la crucifixion, Jésus confie sa mère à Jean, et non à un frère biologique, ce qui aurait été la norme si Marie avait eu d’autres enfants. - Marie est toujours appelée « la mère de Jésus ».
Les Évangiles distinguent Marie, mère de Jésus, de Marie, mère de Jacques et Joseph.
4. Marie, « toujours vierge » : tradition et théologie
La foi chrétienne traditionnelle enseigne que Marie est demeurée vierge avant, pendant et après la naissance de Jésus. Cette croyance repose sur des arguments scripturaires et patristiques.
- Arguments bibliques :
- Matthieu 1, 25 : « [Joseph] ne la connut point jusqu’à ce qu’elle ait enfanté un fils. »
Le terme « jusqu’à » n’implique pas nécessairement qu’une relation ait eu lieu après ; il souligne plutôt la virginité de Marie jusqu’à la naissance de Jésus. - Jean 19, 26-27 : Jésus confie Marie à Jean, suggérant l’absence d’autres enfants pour prendre soin d’elle.
- Matthieu 1, 25 : « [Joseph] ne la connut point jusqu’à ce qu’elle ait enfanté un fils. »
- Arguments des réformateurs protestants :
Même des figures comme Luther, Calvin et Zwingli, souvent en désaccord avec l’Église catholique, ont soutenu la croyance en la virginité perpétuelle de Marie, reconnaissant son rôle unique dans le plan du salut.
5. Joseph et le rôle de la Sainte Famille
Joseph, bien qu’il disparaisse tôt, joue un rôle essentiel dans les récits évangéliques :
- Modèle de foi et d’obéissance :
Joseph accepte la mission divine malgré les doutes initiaux (Matthieu 1, 18-25) et protège la Sainte Famille lors de la fuite en Égypte. - Père adoptif de Jésus :
Par son lien légal avec Joseph, Jésus est intégré dans la lignée davidique, accomplissant ainsi les prophéties messianiques. - Discrétion et humilité :
Joseph agit dans le silence, à l’image de nombreuses figures bibliques appelées à un service caché mais essentiel.
Conclusion
Joseph disparaît des Évangiles après avoir accompli son rôle de protecteur et d’éducateur de Jésus dans son enfance. Les « frères » de Jésus mentionnés dans les textes sont très probablement des cousins ou des proches parents, et non des enfants biologiques de Marie. La tradition biblique et chrétienne affirme ainsi la virginité perpétuelle de Marie, une doctrine confirmée par les Écritures et soutenue même par les premiers réformateurs. Cette réflexion sur Joseph, Marie et les frères de Jésus nous invite à contempler le mystère de l’incarnation dans le cadre familial choisi par Dieu.
- Dernières mentions dans les Évangiles :
Luther : « C’est un article de foi que Marie est Mère du Seigneur et toujours vierge…Christ, nous croyons, est venu d’un sein laissé parfaitement intact »
Calvin : « Certains ont voulu suggérer de ce passage [Matthieu 1, 25] que la Vierge Marie a eu d’autres enfants que le Fils de Dieu, et que Joseph a demeuré alors avec elle plus tard, mais quelle folie que celle-ci ! Car l’auteur de l’évangile n’a pas voulu rapporter ce qui s’est passé ensuite, il a simplement voulu mettre en lumière l’obéissance de Joseph et montrer que Joseph a été bel et bien assuré que c’était Dieu qui avait envoyé son ange à Marie. Il n’a pas, par conséquent, vécu avec elle, ni partagé sa compagnie… Et d’ailleurs ce Notre Seigneur Jésus Christ est appelé le premier né. Ce n’est pas parce qu’il y a eu un second ou un troisième, mais parce que l’auteur de l’évangile fait référence à la proéminence. L’Ecriture nous parle ainsi en nommant le premier né, qu’il y ait ou non question d’un second »
(Sermon sur Matthieu 1, 22-25, publié en 1562).
Zwingli : « Je crois fermement que Marie, selon les paroles de l’évangile, comme un pure Vierge a donné naissance pour nous au Fils de Dieu et dans l’accouchement et après l’accouchement est demeurée pour toujours une pure et intacte Vierge »
La nativité
Article de 2008
Nous n’avons dans la parole de Dieu que peu d’éléments sur la nativité de notre bien aimé Sauveur. Deux évangiles relatent les faits. Celui dans Matthieu et celui de Luc. Luc qui était le compagnon de route de Paul, médecin et peut être même son frère. Son évangile nous donne beaucoup d’indication sur la maternité de Marie et l’enfance de Jésus. Ce qui nous laisse à penser qu’il du rencontrer Marie lors du voyage qui le conduisit à Ephèse. En effet le seul et unique témoin pouvant rapporter cette scène était Marie elle-même. Tout d’abord nous avons la visite des rois mages en Matthieu 2, 1-12. Dans Matthieu, l’accent est mis sur le fait que Jésus était le nouveau Moïse, annoncé depuis longtemps. Les rois mages qui venaient de Babylone en orient ne sont pas sans évoquer les nations païennes que nous retrouvons dans les trois fils de Noé rescapés du déluge (cf. Genèse 9, 18-28) desquels descendent toutes les nations (cf. Genèse 10 « la table des peuples »)

6, 2 Considérez ceux qui ont une autre opinion sur la grâce de Jésus-Christ qui est venue sur nous : comme ils sont opposés à la pensée de Dieu ! (..) 7, 1.
..Au surplus, comment auront-ils la certitude que le pain eucharistié est le corps de leur Seigneur, et la coupe, son sang, s’ils ne disent pas qu’il est le Fils de l’Auteur du monde, c’est-à-dire son Verbe, par qui le bois « fructifie », les sources coulent, « la terre donne d’abord une herbe, puis un épi, puis du blé plein l’épi Mc 4,27-28 »? 5 Comment encore peuvent-ils dire que la chair s’en va à la corruption et n’a point part à la vie, alors qu’elle est nourrie du corps du Seigneur et de son sang? Qu’ils changent donc leur façon de penser, ou qu’ils s’abstiennent d’offrir ce que nous venons de dire ! Pour nous, notre façon de penser s’accorde avec l’eucharistie, et l’eucharistie en retour confirme notre façon de penser. Car nous lui offrons ce qui est sien, proclamant d’une façon harmonieuse la communion et l’union de la chair et de l’Esprit: car de même que le pain qui vient de la terre, après avoir reçu l’invocation de Dieu, n’est plus du pain ordinaire, mais eucharistie, constituée de deux choses, l’une terrestre et l’autre céleste, de même nos corps qui participent à l’eucharistie ne sont plus corruptibles, puisqu’ils ont l’espérance de la résurrection… (Irénée,Contre les Hérésies Liv.4, 18, 4)