Les approximations du site Par la Foi et de l’un de ses auteurs, Maxime Georgel, concernant la transsubstantiation et les écrits du pape Gélase

Depuis quelque temps, un site protestant réformé s’emploie avec une constance troublante à déformer la foi catholique. Comment ? Par une avalanche de documents mal compris, de citations des Pères de l’Église arrachées à leur contexte, et parfois même par des affirmations purement erronées. Faut-il y voir de l’incompétence ou de la malveillance ? La question reste ouverte, mais l’effet est le même : une confusion entretenue autour de la vérité catholique

Face à ce spectacle affligeant, et particulièrement sur les questions mariales, j’ai jugé nécessaire de créer un blog spécialisé. Après tout, il y a du bon à tirer de cette situation : les protestants commencent à s’intéresser aux Pères de l’Église, même si leur lecture, pour l’instant, reste sévèrement biaisée.

Je m’attaque donc ici à l’un des fleurons de cette désinformation, un article publié sur le site Par la Foi et signé par Maxime Georgel. Que la vérité se fraye un chemin dans ce fatras d’approximations !

Ces polémiques sont tellement lointaines et déjà clarifiées que même l’encyclopédie Universalis a traité la question. Mais faisons un bref compte rendu ici :

Présence réelle et conversion affirmées :

Les auteurs du IVe siècle, comme saint Ambroise et ceux du De sacramentis, affirment la conversion du pain et du vin au corps et au sang du Christ. Cet enseignement reste largement répandu et intégré dans la liturgie des siècles suivants (formules comme panem mutatum in carne, calice in cruore).

Saint Germain de Paris et d’autres témoignages occidentaux confirment cette transformation dans un sens très réaliste, aligné sur la future doctrine de la transsubstantiation.

L’apport de Gélase :

Le texte souligne une difficulté apparente dans l’enseignement de Gélase, qui semble dire que la substance et la nature du pain et du vin demeurent après la consécration (esse non desinit substantia vel natura panis et vini…).

Cette position est interprétée comme influencée par des sources grecques et anti-monophysites (notamment Théodoret et le Pseudo-Chrysostome). Gélase utilise l’Eucharistie comme une analogie pour démontrer que, dans l’union hypostatique, les deux natures du Christ conservent leur intégrité. Cela suggère une perspective particulière, qui ne serait ni personnelle à Gélase ni représentative de la tradition latine.

Maintien de la conversion réelle :

Malgré la mention de Gélase, les témoignages ultérieurs indiquent que la conversion eucharistique reste une doctrine centrale dans l’Église latine. Même dans les variations liturgiques venues d’Orient (épiclèse), la position dominante attribue la transformation aux paroles du Christ prononcées par le prêtre, conformément à saint Ambroise (verbi sui secreta potestate convertit).

Conclusion :

La foi en la transsubstantiation, bien qu’elle ne soit pas formulée comme telle avant le concile de Latran IV (1215), est en germe dans ces témoignages. Le réalisme eucharistique est maintenu dans la tradition latine, même si certains passages comme celui de Gélase reflètent des influences théologiques ou contextuelles particulières. L’idée que le pain et le vin cessent d’exister en tant que tels après la consécration demeure prédominante, et les expressions comme plena transformatione confirment cette orientation doctrinale. Gélase ne semble donc pas remettre en question ce consensus, mais plutôt apporter une nuance apologétique liée à son contexte polémique.

La communion des saints

Le mot « communion » revêt plusieurs sens. Il concerne « ce qui est mis en commun » par exemple, les biens qui sont partagés entre les disciples et les apôtres (cf. Ac 2, 44), la communion de prière (Ac 1, 14), ou encore le fait de « communier » en prenant l’Eucharistie.

saints

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Le Purgatoire

Pour comprendre la doctrine du purgatoire, il est nécessaire de connaître un certain nombre de préalables. Le premier de tous, concerne la façon dont Dieu s’est manifesté, « comme un feu ». La seconde, notre vocation finale de voir Dieu « face à face ». La troisième concerne la situation de l’homme suite au péché originel. La quatrième comporte deux notions de la vie chrétienne : La justification et la sanctification. La cinquième  l’heure de la mort et le jugement particulier. La sixième, concerne la purification – passive – de notre âme et la dernière concerne l’intersession des saints qui nous aident à passer ce purgatoire.

C’est donc sur la base de ce plan que nous vous proposons de construire ce billet.

intercession

Il nous serait impossible d’entrer dans les détails de chacune des notions qui seront soulevées. Le but ici est de tracer succinctement les contours des thématiques, conduisant à la doctrine du purgatoire. Nous le ferons en suivant ces points :

  • Car notre Dieu est un feu dévorant.
  • Face à Face
  • La situation de l’homme
  • Justification et sanctification
  • La sanctification par le sacrifice
  • La sanctification par la Charité
  • Le Jugement particulier
  • Le Purgatoire
  • La situation du Riche et de Lazare

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L’unique médiation humaine du Christ

https://i0.wp.com/www.bibleetnombres.online.fr/images28/gloire.jpgComment comprendre ce verset de 1Tm 2, 5  « Car il n’y a qu’un seul Dieu, un seul médiateur aussi entre Dieu et les hommes, un homme : Christ Jésus«  au regard de l’intercession des Saints et de Marie ? Nous verrons que ce verset pousse bien plus loin qu’on ne le pense.

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Les premiers chrétiens nous parlent de l’eucharistie

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Saint Ignace d’Antioche – 70

Aux smyrniotes :

https://i0.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/61/Ignatius_of_Antiochie.jpg 6, 2    Considérez ceux qui ont une autre opinion sur la grâce de Jésus-Christ qui est venue sur nous : comme ils sont opposés à la pensée de Dieu ! (..) 7, 1. Ils s’abstiennent de l’eucharistie et de la prière, parce qu’ils ne confessent pas que l’eucharistie est la chair de notre Sauveur Jésus-Christ, « chair » qui a souffert pour nos péchés, et que dans sa bonté le Père a ressuscitée. Ainsi ceux qui refusent le don de Dieu meurent dans leurs disputes. Il leur serait utile de pratiquer la charité pour ressusciter eux aussi.

8, 1. Suivez tous l’évêque, comme Jésus-Christ suit son Père, et le presbyterium comme les Apôtres ; quant aux diacres, respectez-les comme la loi de Dieu. Que personne ne fasse, en dehors de l’évêque, rien de ce qui regarde l’Église. Que cette eucharistie seule soit regardée comme légitime, qui se fait sous la présidence de l’évêque ou de celui qu’il en aura chargé. 2. Là où paraît l’évêque, que là soit la communauté, de même que là où est le Christ Jésus, là est l’Église catholique. Il n’est pas permis en dehors de l’évêque ni de baptiser, ni de faire l’agape, mais tout ce qu’il approuve, cela est agréable à Dieu aussi Ainsi tout ce qui se fait sera sûr et légitime.

 

Aux Philadelphiens :

IV. Ayez donc soin de ne participer qu’à une seule eucharistie ; car il n’y a qu’une seule chair de notre Seigneur Jésus-Christ, et un seul calice pour nous unir en son sang, un seul autel, comme un seul évêque avec le presbyterium et les diacres, mes compagnons de service : ainsi, tout ce que vous ferez, vous le ferez selon Dieu.

La didaché 70

Rédaction contemporaine des évangiles. (Oeuvre complète)

IX, 1-4. – Quant à l’eucharistie, faites ainsi vos actions de grâce. D’abord pour la coupe : 2. –  » Nous Te rendons grâce, notre Père, pour la sainte vigne de David Ton serviteur que Tu nous a fait connaître par Jésus Ton Enfant. A Toi la gloire pour les siècles.  » 3. – Pour la fraction du pain :  » Nous Te rendons grâces, notre Père, pour la vie et la connaissance que Tu nous a révélés par Jésus Ton Enfant. A Toi la gloire pour les siècles. 4. – De même que ce pain rompu était dispersé sur les collines et que, rassemblé, il est devenu un (seul tout), qu’ainsi soit rassemblée ton Eglise des extrémités de la terre dans Ton Royaume. Car à Toi sont la gloire et la puissance par Jésus-Christ pour les siècles.  » 5. – Que personne ne mange ni ne boive de votre eucharistie sinon ceux qui ont été baptisés au nom du Seigneur; car c’est à ce sujet que le Seigneur a dit : Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens.

Saint Justin Martyr – 151

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66. Nous appelons cet aliment Eucharistie, et personne ne peut y prendre part, s’il ne croit la vérité de notre doctrine, s’il n’a reçu l’ablution pour la rémission de ses péchés et sa régénération, et s’il ne vit selon les enseignements du Christ. Car nous ne prenons pas cet aliment comme un pain ordinaire et une boisson commune. Mais de même que, par la parole de Dieu, Jésus-Christ, notre Sauveur, ayant été fait chair, a pris sang et chair pour notre salut; de même aussi cet aliment, qui par l’assimilation doit nourrir nos chairs et notre sang, est devenu, par la vertu de l’action de grâces, contenant les paroles de Jésus-Christ lui-même, le propre sang et la propre chair de Jésus incarné: telle est notre foi. Les apôtres, dans leurs écrits, que l’on nomme Evangiles, nous ont appris que Jésus-Christ leur avait recommandé d’en agir de la sorte, lorsque ayant pris du pain, il dit: « Faites ceci en mémoire de moi: ceci est mon corps; » et semblablement ayant pris le calice, et ayant rendu grâces: « Ceci est mon sang, « ajouta-t-il; et il le leur distribua à eux seuls. Les démons n’ont pas manqué d’imiter cette institution dans les mystères de Mithra; car on apporte à l’initié du pain et du vin, sur lesquels on prononce certaines paroles que vous savez, ou que vous êtes à même de savoir. 151A.D. (Apologie 66)

 

Saint Irénée de Lyon – 189

https://i0.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/13/Saint_Irenaeus.jpg..Au surplus, comment auront-ils la certitude que le pain eucharistié est le corps de leur Seigneur, et la coupe, son sang, s’ils ne disent pas qu’il est le Fils de l’Auteur du monde, c’est-à-dire son Verbe, par qui le bois « fructifie », les sources coulent, « la terre donne d’abord une herbe, puis un épi, puis du blé plein l’épi Mc 4,27-28 »?  5 Comment encore peuvent-ils dire que la chair s’en va à la corruption et n’a point part à la vie, alors qu’elle est nourrie du corps du Seigneur et de son sang? Qu’ils changent donc leur façon de penser, ou qu’ils s’abstiennent d’offrir ce que nous venons de dire ! Pour nous, notre façon de penser s’accorde avec l’eucharistie, et l’eucharistie en retour confirme notre façon de penser. Car nous lui offrons ce qui est sien, proclamant d’une façon harmonieuse la communion et l’union de la chair et de l’Esprit: car de même que le pain qui vient de la terre, après avoir reçu l’invocation de Dieu, n’est plus du pain ordinaire, mais eucharistie, constituée de deux choses, l’une terrestre et l’autre céleste, de même nos corps qui participent à l’eucharistie ne sont plus corruptibles, puisqu’ils ont l’espérance de la résurrection… (Irénée,Contre les Hérésies Liv.4, 18, 4)

Comment, si le Seigneur était issu d’un autre Père, pouvait-il sans injustice déclarer que le pain appartenant à notre création était son corps et affirmer que le mélange de la coupe était son sang Mt 26,26-28? Pourquoi se déclarait-il Fils de l’homme, s’il n’avait pas subi la naissance humaine? Comment pouvait-il nous remettre des péchés qui faisaient de nous les débiteurs de notre Créateur et Dieu? Et, s’il n’était pas chair, mais n’avait que l’apparence d’un homme, comment put-il être crucifié, comment du sang et de l’eau purent-ils sortir de son côté transpercé Jn 19,34? Quel était le corps qu’embaumèrent les embaumeurs, et quel était celui qui ressuscita d’entre les morts  (Irénée,Contre les Hérésies 4, 33)

Vains, de toute manière, ceux qui rejettent toute l' »économie » de Dieu, nient le salut de la chair, méprisent sa régénération, en déclarant qu’elle n’est pas capable de recevoir l’incorruptibilité. S’il n’y a pas de salut pour la chair, alors le Seigneur ne nous a pas non plus rachetés par son sang Ep 1, 7, la coupe de l’eucharistie n’est pas une communion à son sang et le pain que nous rompons n’est pas une communion à son corps 1Co 10, 16. Car le sang ne peut jaillir que de veines, de chairs et de tout le reste de la substance humaine, et c’est pour être vraiment devenu tout cela que le Verbe de Dieu nous a rachetés par son sang, comme le dit son Apôtre: « En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés Ep 1,7. » Et parce que nous sommes ses membres 1Co 6,15; Ep 5,30 et sommes nourris par le moyen de la création – création que lui-même nous procure, en faisant lever son soleil et tomber la pluie selon sa volonté Mt 5,45, la coupe, tirée de la création, il l’a déclarée son propre sang Lc 22,20; 1Co 11,25, par lequel se fortifie notre sang, et le pain, tiré de la création, il l’a proclamé son propre corps Lc 22,19; 1Co 11,24, par lequel se fortifient nos corps. (Irénée,Contre les Hérésies 5, 2, 2)

Si donc la coupe qui a été mélangée et le pain qui a été confectionné reçoivent la parole de Dieu et deviennent l’eucharistie, c’est-à-dire le sang et le corps du Christ, et si par ceux-ci se fortifie et s’affermit la substance de notre chair, comment ces gens peuvent-ils prétendre que la chair est incapable de recevoir le don de Dieu consistant dans la vie éternelle Jn 4,10-14 alors qu’elle est nourrie du sang et du corps du Christ et qu’elle est membre de celui-ci, comme le dit le bienheureux Apôtre dans son épître aux Éphésiens: « Nous sommes les membres de son corps, formés de sa chair et de ses os Ep 5,30 »?(..) ensuite, moyennant le savoir-faire, ils viennent en l’usage des hommes, puis, en recevant la parole de Dieu, ils deviennent l’eucharistie, c’est-à-dire le corps et le sang du Christ -, de même nos corps qui sont nourris par cette eucharistie, après avoir été couchés dans la terre et s’y être dissous, ressusciteront en leur temps, lorsque le Verbe de Dieu les gratifiera de la résurrection « pour la gloire de Dieu le Père Ph 2,11 « : car il procurera l’immortalité à ce qui est mortel et gratifiera d’incorruptibilité ce qui est corruptible 1Co 15, 53, parce que la puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse 2Co 12, 9.   (Irénée,Contre les Hérésies Liv.5, 2, 3)

Clément d’Alexandrie

Mange ma chair, [Jésus], et boit mon sang. Le Seigneur nous donne ces intime nutriments, il livre sa chair et il verse son sang, et rien ne manque à la croissance de ses enfants « (L’instructeur des enfants 1:6:43:3 [AD 191]).

Tertullien

Certes, il suffirait à la chair que nulle âme ne pût absolument obtenir le salut à moins de croire, pendant qu’elle est dans la chair: tant il est vrai que la chair est la base du salut. Enfin, quand l’âme est enrôlée au service de Dieu, c’est la chair qui la met à même de recevoir cet honneur. C’est la chair en effet qui est lavée pour que l’âme soit purifiée; la chair sur laquelle on fait les onctions pour que l’âme soit consacrée; la chair qui est marquée du signe sacré pour que l’âme soit fortifiée; la chair qui est couverte par l’imposition des mains pour que l’âme soit illuminée par l’esprit; la chair enfin qui se nourrit du corps et du sang de Jésus-Christ, pour que l’âme s’engraisse de la substance de son Dieu. Elles ne peuvent donc être séparées dans la récompense, puisqu’elles sont associées dans le travail. (La Résurrection des Morts 8 [A.D. 210]).

Origène

Autrefois le baptême était “ en énigme ” dans la nuée et la mer ; maintenant la régénération s’opère “ en réalité ” “ dans l’eau et dans l’Esprit Saint ”. Autrefois la manne était une nourriture “ en énigme ”, maintenant la chair du verbe de Dieu est la vraie nourriture “ en réalité ”, comme le prouve Sa parole : “ Ma chair est vraiment une nourriture et Mon sang est vraiment un breuvage ”. (Jn 6, 56) « (Homélies sur Nombres 7, 2 [A.D. 248]).